Cinéma

On ne fonce pas avec “Alphonse” – Radio France


Vous trouvez qu’elle est sortie à bas bruit, presque en catimini, alors que les deux rôles principaux sont tenus par les deux poids lourd du casting que sont Jean Dujardin et Pierre Arditi ? Vous avez bien raison. Seulement voilà, l’histoire inventée puis filmée par Nicolas Bedos, c’ est celle d’un gigolo de profession (Arditi) qui fait de son fils (Dujardin) son successeur le jour où un excès de viagra le rend inapte au travail.

Et la gênance, elle commence déjà là, quand on connait les plaintes déposées contre Nicolas Bedos : trois pour viol, une pour agression sexuelle en état d’ivresse. Sans être pudibond, on se demande si c’est bien le moment de sortir cette série. Et d’ailleurs, Bedos est aux abonnés absents, côté promo, circulez, il n’y a rien à voir, rien à dire, rien à entendre. Bedos silencieux, c’est du jamais vu.

Mais la gênance s’installe surtout et jusqu’au bout quand on regarde ces quatre premiers épisodes

L’invité d’Ali Baddou

La gênance et son cortège de vulgarité grasse et de dialogues malaisants. « Vous avez un problème avec les femmes ? » demande une psychologue à Alphonse. La réponse est dans la question que semble s’adresser à lui-même l’auteur-réalisateur. Quant au père qui endosse des rôles différents avec chacune de ces clientes âgées et fortunées, voici en quels termes il apprend le métier à son fils : « Moi, mon boulot, c’est de rentrer dans un personnage puis de rentrer dans une femme. » La classe définitive…

N’y a-t-il vraiment rien à sauver dans cette série ? Rien vraiment parce que toutes les femmes y sont soit castratrices, soit folles, soit perverses, soit névrosées et qu’elles rendent les hommes malheureux ou gigolos, c’est du pareil au même. Et on en veut d’autant plus à Bedos que ces femmes sont incarnées à l’écran par, excusez du peu, Charlotte Gainsbourg, Nicole Garcia, Chantal Neuwirth et Laura Morante… Et au milieu, évidemment, la mère sublimée qui, la mauvaise, a abandonné son mari et son petit garçon.

Non décidément rien à sauver quand Bedos fait en permanence du sous Bertrand Blier mâtiné d’une esthétique à l’Amélie Poulain moche, avec, cerise sur le gâteau, une voix off qui ne cesse de répéter ce que l’on voit à l’écran dans une volonté de mise à distance parfaitement infantile. Une voix off forcément féminine puisqu’elle ne sert à rien. Fut un temps pas si lointain où dans la France de la libération des femmes d’après 68, une certaine tendance du cinéma réac, avec Audiard en porte-voix, tentait une contre-révolution en rêvant finalement d’un monde sans femmes où la vie serait tellement plus…beau ! Avec cette série, Bedos semble dessiner les contours d’une réaction post MeToo.

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Je vous vois venir : vous allez me demander un nouveau moratoire autour de cette table. N’insistez pas, cette fois c’est non, au nom de la liberté d’expression mais surtout parce que cela ne servirait à rien puisque une saison 2 est hélas déjà annoncée. Les moratoires, il faut en être économe, car comme avec le mépris, il y a beaucoup de nécessiteux…

Alphonse sur Prime vidéo





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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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