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Basket-ball. Chris Singleton : « Wembanyama a une telle créativité … – JSL – le Journal de Saone et Loire


L’attraction Wembanyama, le cas Fournier ou encore les deux équipes favorites Milwaukee Bucks et Boston Celtics. Chris Singleton, consultant historique de la NBA sur beIN Sports (diffuseur de la ligue), nous livre son ressenti sur la saison régulière qui débute le mercredi 25 octobre.

Par B.K.

11:00

Quelles sont les forces en présence ? Est-ce que la venue de Damian Lillard chez les Bucks fait de Milwaukee le grandissime favori ?

C.S. : « Je n’utiliserais pas le terme grandissime. Ça leur donne un atout majeur et une star aux côtés de Giannis Antetoukoumpo qui leur manquait donc forcément, on peut les considérer comme les favoris. Les défenses vont devoir se resserrer sur Lillard, et cela donnera encore plus d’options offensives aux Bucks. De plus, « Dame » peut gagner un match à lui tout seul donc forcément, les Bucks seront encore plus attendus. Mais il ne faut pas oublier Boston avec la venue de Porzingis et Holiday et une équipe qui est proche du Graal chaque année. Néanmoins, les deux équipes semblent sortir du lot. À l’Est, Philadelphie reste une énigme avec la présence ou non de Harden. Il y a aussi Miami qui est toujours présent. »

A contrario, la Conférence Ouest semble assez équilibré ?

« Du côté de l’Ouest, c’est le bouchon total (rires). Il y a évidemment toujours les Nuggets avec Jokic et Murray, champions en titre et équipe la plus joueuse l’an passé. On peut aussi citer les Lakers qui se sont renforcés et les Suns avec un trio exceptionnel : Bradley Beal, Kevin Durant et Devin Booker. Les Warriors seront pas loin ? Les Nuggets, Lakers et Suns se détachent un peu mais il y a tellement de facteurs à prendre en compte. Il y a aussi Dallas avec Irving et Doncic. Néanmoins il faudra trouver une solution pour que l’alchimie prenne. Et il y’a l’attraction Wembanyama à l’Ouest. »

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« Une franchise parfaite pour progresser »

En quoi le jeune rookie et déjà superstar Victor Wembanyama est si différent ?

« Il est hors norme et sa manière de jouer au basket est si différente. Il a une telle créativité pour un joueur de 2,24 mètres, c’est du jamais vu. Dès que les Américains l’ont vu, la sensation Wemby a démarré. Il fait tellement de choses pas normales au vu de sa taille : il sait shooter, il est créatif, il peut remonter le terrain. Un peu comme Jokic qui est moins grand mais qui sait faire pas mal de choses. C’est la différence entre le basket européen et américain. En Europe, on laisse les grands se développer, il a eu le temps de progresser sur plusieurs aspects alors qu’on l’aurait mis dans une case aux Etats-Unis, et on lui aurait dit de faire évoluer cet aspect en question. »

Il va jouer dans la même franchise qu’un certain Tony Parker à l’époque, à San Antonio (2001-2018). Pour vous c’est l’endroit idéal pour faire ses débuts dans la ligue nord-américaine ?

« Bien sûr, c’est une chance de tomber sur les Spurs. C’est une franchise parfaite pour progresser, ce n’est pas Los Angeles ou New York, ce sera un petit marché et il progressera avec un coach respecté et légendaire. Les Spurs, c’est le cadre idéal. La situation aurait pu être plus compliquée dans une franchise comme les Pistons où, c’est moins bien géré. »

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« Il ne pourra pas tout changer tout de suite »

Quelles sont les similitudes avec Tony Parker ?

« Les similitudes entre les deux, c’est que les deux sont très bien encadrés. J’ai connu “TP” très jeune, il avait des ambitions et savait ce qu’il voulait et était très bien suivi. C’est la même situation pour Wemby qui a un encadrement familial très fort et aussi professionnel. Il est suivi par plusieurs personnes qui lui donnent les informations nécessaires pour progresser, que ce soit physiquement, mentalement et au niveau du basket. Et bien sûr, la plus grosse similitude est que les deux débutent leur carrière NBA à San Antonio. »

Comment peut-il gérer une telle pression, lui qui est accueilli comme une rockstar partout où il passe ?

« Je pense qu’il a les aptitudes pour gérer la pression, ce n’est pas ce qui peut inquiéter. Mais sa grande limite possible est physique. Est-ce qu’il va pouvoir enchaîner les matches de 48 minutes tous les deux jours face aux meilleurs joueurs du monde. Et il aura forcément un traitement particulier. Tout le monde l’attend donc ils vont tous vouloir le titiller et le tester. C’est ce qui s’est passé lors du match de présaison face au Thunder de Chet Holmgren. Les deux joueurs aux jeux et profils physiques similaires étaient en duel tout au long du match et la confrontation était assez intense avec quelques provocations. Et certaines stars seront sans pitié, pour montrer qu’ils sont « encore là ».

Avec des attentes tellement hautes, qu’est-ce qu’on peut espérer de lui dès cette saison ?

« Les Spurs restent une équipe de bas de tableau. Il ne pourra donc pas tout changer du côté de San Antonio tout de suite qui est toujours en reconstruction. En Europe, les Spurs auraient joué le maintien l’an passé (rires). Aujourd’hui, ils vont construire autour de lui et leur grand objectif sera un play-in puis plus tard, les playoffs. L’autre problème de San Antonio est qu’il devient difficile d’attirer des gros joueurs à cause de leur niveau sur les dernières années. Mais aujourd’hui Wemby est là et on ressent une certaine excitation autour de cette équipe. Wemby pourra changer beaucoup de choses pour San Antonio sur le long terme. »

« Volonté de ne pas faire Victor Extra »

Et pour beIN Sports, diffuseur de la NBA, qu’est-ce que Wemby va changer ? Est-ce que votre traitement médiatique sera différent ?

« C’est la douzième année que nous suivons la NBA. Évidemment, on traitera Wembanyama le plus possible comme lors du documentaire qui va sortir « l’An 1 », mais il ne faudra pas non plus parler que de lui. Volonté de ne pas faire « Victor Extra ». Cela ne sera bénéfique ni pour lui ni pour nous de faire cela. Il y a forcément de l’excitation et de l’attente et on en parlera beaucoup car il est Français, car c’est une future très grande star, mais on reste le diffuseur de la NBA donc il ne faudra pas parler que de lui, mais bien de toute la NBA. »

Hormis Wembanyama, qu’attendre des autres rookies français ?

« Ça va être très sympa de suivre Bilal Coulibaly qui a signé à Washington. Wemby et Coulibaly étaient coéquipiers aux Mets92 et avec l’attractivité de Wemby, on a aussi pu voir les très bonnes performances de ce dernier l’an passé ce qui lui a aussi donné de la lumière. Contrairement à Victor, on n’attend pas de Coulibaly qu’il soit dominant tout de suite mais il a énormément de qualités et va progresser dans une équipe où il aura du temps de jeu. Autre rookie, Sidy Cissoko (San Antonio Spurs) a le physique NBA avec de bonnes séquences défensives mais il est encore un peu limité offensivement. Il a du potentiel mais il pourra travailler petit à petit et va passer beaucoup plus de temps en G-League mais à suivre. Et mention spéciale à Ousmane Dieng qui n’est pas rookie mais qui progresse de jour en jour à Oklahoma. Hyper agressif en attaque, ça peut être une très bonne surprise ! »

Du côté des joueurs tricolores confirmés, qu’est-ce qu’on peut viser ?

« Pour Rudy Gobert, il faudra obligatoirement avoir des résultats cette saison et aller loin en playoffs avec les Wolves. L’association avec Towns n’est pas encore validée à 100 %. On attend de Rudy un plus gros apport offensif et qu’il soit plus dangereux, c’est ce qui lui manque malheureusement car on sait que défensivement, il est très fort.

Evan Fournier, j’ai bien peur qu’il ne joue très peu et c’est important pour les Bleus que sa situation évolue positivement. On le voit jouer pour le moment en présaison mais malheureusement, je pense que c’est plus pour montrer qu’il a une valeur marchande dans le but d’un trade potentiel. »

En quoi la situation d’Evan Fournier peut être problématique pour les JO ?

« C’est primordial de le voir jouer car cela fait déjà de nombreux mois qu’il ne joue pas et ça reste un très bon scoreur Sans rythme, cela peut être encore plus compliqué pour les Jeux olympiques à domicile. Il faudra espérer qu’il devienne au moins un sixième homme d’une équipe avec une trentaine de minutes de jeu à son actif. D’autant plus avec la catastrophe des Mondiaux et l’échec au premier tour, les Bleus ne peuvent pas se permettre de réitérer cette débâcle et doivent obligatoirement se racheter. Et quand on voit l’armada que les Etats-Unis vont amener avec LeBron James, Kevin Durant, Stephen Curry et Joel Embiid qui veulent être présents, ça fait peur… »

Un petit pronostic, qui l’emportera en NBA ?

C.S.  : « Un champion reste un champion donc je vois Denver du côté de l’Ouest face à Boston à l’Est avec un grand Tatum. Les Celtics sont chaque année pas loin du Graal. Cette saison avec le recrutement, cela peut être la bonne. Néanmoins, il faudra surveiller le physique de Porzingis mais je pense quand même que c’est l’année de Boston et je les mets donc champion NBA dans mes pronostics. »



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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