Politique

Tramway de Québec : des prêteurs difficiles à convaincre – Radio-Canada.ca


Des entreprises intéressées à construire les infrastructures du tramway de Québec sont plongées dans l’incertitude. À seulement 10 jours de la date limite pour soumettre une proposition financière, certaines semblent avoir de la difficulté à obtenir les garanties financières requises, a appris Radio-Canada.

Il est déjà acquis que les coûts du projet de tramway ont augmenté de manière significative et dépasseront largement le dernier montant évoqué publiquement, soit environ 4 milliards de dollars.

Si cette explosion n’est pas sans conséquences pour la Ville de Québec, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral, qui devront se partager la facture finale, elle a aussi des effets directs sur les entreprises qui aspirent à construire le tramway.

Pour remporter l’appel de propositions, un consortium doit notamment faire la démonstration qu’il aura les reins assez solides financièrement pour soutenir un projet d’une telle ampleur, et ce, tout au long de la phase de construction.

La Ville de Québec exige donc diverses garanties pouvant représenter au moins des centaines de millions de dollars. Dans pareils projets d’infrastructures, l’aide d’institutions financières est donc généralement requise.

Or, selon nos informations, de potentiels bailleurs de fonds sont actuellement hésitants à participer à ce montage financier en raison des risques liés à la réalisation du tramway.

Si les prêteurs ont de la misère à embarquer, c’est parce qu’ils voient un certain risque de ne pas être capables de se faire rembourser, analyse Pierre-André Hudon, professeur agrégé de management à l’Université Laval.

Inévitablement, cette situation soulève la question que plusieurs préféreraient ne pas avoir à se poser à ce moment-ci : y aura-t-il vraiment un consortium capable de déposer une proposition financière conforme, d’ici le 2 novembre?

Contexte politique incertain

Selon le professeur Hudon, les récents développements politiques, y compris la saga du troisième lien qui a pu donner l’impression que les projets peuvent mourir aussi vite qu’ils sont nés, n’ont rien pour rassurer de potentiels créanciers.

L’apparent désir de certains députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) de soumettre le projet de tramway à une approbation référendaire contribue possiblement aussi à ajouter une dose d’incertitude, note M. Hudon.

J’aurais tendance à imaginer que toutes les valses-hésitations, tous les problèmes dont on a entendu parler dans les nouvelles, […] les changements de tracé entre Charlesbourg et Beauport, disons que ça génère un certain stress et ça génère un certain risque du point de vue des investisseurs et des prêteurs.

Pierre-André Hudon, professeur agrégé de management à l’Université Laval

Photo : Capture d’écran / Zoom

M. Hudon note aussi la volonté du gouvernement provincial de n’éponger que 20 % du déficit des sociétés de transport collectif d’ici 2028. Ça envoie le signal que le transport en commun, ce n’est pas une priorité, ça coûte très cher et à la limite, c’est de l’argent gaspillé.

On peut peut-être même ajouter la pénurie de main-d’œuvre […] Si on a de la misère à trouver du monde, ça veut dire des délais, ça veut dire que l’infrastructure n’est pas disponible à temps, ça veut dire qu’elle ne génère pas de revenus à temps non plus, explique le professeur Hudon.

Les banques ne prêtent pas pour le bien commun. Elles prêtent pour avoir des rendements.

Un projet à long terme

Parmi les garanties exigées de l’éventuel soumissionnaire gagnant, on trouve notamment un dépôt de garantie de clôture qui devra être versé dans les jours qui suivront l’annonce du soumissionnaire privilégié, peut-on lire dans l’appel de qualification.

Nicholas Jobidon, professeur de droit public à l’École nationale d’administration publique (ENAP), affirme que ce dépôt avoisine généralement 10 % du montant final de la soumission.

milliards, 10% du montant de la soumission, si effectivement la garantie de soumission est représentative des pratiques usuelles, ça voudrait dire un chèque certifié de 400millions de dollars”,”text”:”Pour un contrat de 4milliards, 10% du montant de la soumission, si effectivement la garantie de soumission est représentative des pratiques usuelles, ça voudrait dire un chèque certifié de 400millions de dollars”}}”>Pour un contrat de 4 milliards, 10 % du montant de la soumission, si effectivement la garantie de soumission est représentative des pratiques usuelles, ça voudrait dire un chèque certifié de 400 millions de dollars, illustre-t-il.

Ce n’est pas inimaginable que ça puisse être compliqué d’obtenir un chèque certifié de 400 millions de dollars au nom du consortium lui-même ou d’une des entreprises qui est à la tête peut-être du consortium.

Ce serait d’autant plus compliqué si le projet de tramway était désormais évalué à 6 ou 8 milliards de dollars, convient-il.

Nicholas Jobidon en entrevue.

Nicholas Jobidon est professeur à l’École nationale d’administration publique.

Photo : Radio-Canada

C’est sans compter les garanties d’exécution qui doivent être fournies par les consortiums intéressés. La Ville veut s’assurer que ses contractants ne feront pas faillite pendant les travaux, qu’ils vont être en mesure de terminer l’exécution du contrat, résume M. Jobidon.

Il ajoute un autre facteur de risque pour les prêteurs potentiels : le fait que les travaux s’échelonneront sur plusieurs années. Je peux comprendre que des prêteurs soient hésitants.

Ça veut dire que les institutions bancaires, les prêteurs, s’engagent quand même à long terme dans l’industrie avec aucune idée de ce qui va se passer.

Devant autant de facteurs qui peuvent amener de potentiels bailleurs de fonds à prendre un pas de recul, le professeur Pierre-André Hudon ne serait pas surpris que le projet de tramway subisse de nouvelles modifications afin d’en réduire les coûts de construction.

Ça se pourrait très bien que le projet se fasse amputer, surtout que le gouvernement Legault n’a eu aucune vergogne dans le passé à aller bidouiller dans le projet pour des raisons politiques qui n’ont jamais vraiment été expliquées, critique-t-il.



Source link

Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button