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Thibaut Vauchel-Camus : “Avec Quentin, nous formons le duo le … – Voile et Moteur


Thibaut Vauchel-Camus s’est adjoint les services de Quentin Vlamynck, pour tenter de remporter une première Transat Jacques Vabre. Les deux hommes s’élanceront le 29 octobre prochain sur l’ancien Arkema, un Ocean Fifty comptant parmi les plus fiabilisés de la flotte. Entretien.

Voile Magazine : Peux-tu nous parler de ta nouvelle monture ? Pourquoi ce changement à quelques mois du départ de la Jacques Vabre ?

Thibaut Vauchel-Camus : Après mon chavirage sur la dernière Route du Rhum, nous nous sommes lancés dans un gros refit pour remettre mon plan VPLP de 2018 d’attaque. Cet Ocean Fifty m’a toujours paru sécurisant car peu sensible à l’enfournement avec son rocker prononcé de coque centrale mais sujet à un certain déficit dans les petits airs et clairement moins polyvalent que les dernières unités du moment. C’est pourquoi, nous avons sauté sur l’occasion en juillet dernier lorsqu’Arkema a décidé d’arrêter le sponsoring et de mettre en vente son Ocean Fifty. J’avais remarqué le fort potentiel de ce trimaran de 2020 fabriqué chez Lalou Multi lors du Pro Sailing Tour 2022. Il nous mettait souvent à l’amende…

L’avantage de mon nouveau bateau, c’est qu’il va bien par tous les temps et à toutes les allures. Il est extrêmement polyvalent avec sa coque centrale  tendue et étroite tandis que sa plateforme très raide est un atout pour passer dans la mer. Sans compter que côté aérodynamisme, il est à la pointe ! Nous partons donc sur cette Transat Jacques Vabre sur un Solidaires En Peloton qui devrait être à son avantage sur les phases de transition. En plus, on pourra avoir une vraie incidence sur l’assiette longitudinal en se servant de nos ballasts. Chose que je faisais très peu avec mon ancien bateau car il était beaucoup moins sensible à ce type de réglage…

Voile Magazine : Et du coup, tu pars avec Quentin Vlamynck, l’ex skipper d’Arkema… C’est un hasard, un deal contractuel suite au rachat de son bateau ?

Thibaut Vauchel Camus et Quentin Vlamynck, un duo de choc à suivre de près en Ocean Fifty sur cette Transat Jacques Vabre. Crédit : Pierrick Contin.

Thibaut Vauchel-Camus : Arkema souhaitait dans la transaction que Quentin continue à naviguer et de toute façon, je l’avais déjà mis dans ma « short-list » pour cette Transat Jacques Vabre avant même de récupérer son bateau, donc ça tombait bien… Mon équipier est un super marin qui maitrise le multicoque océanique sur le bout des doigts, surtout l’ex Arkema sur lequel il a fini deuxième de la dernière Route du Rhum et dont il a suivi toute la construction. Son expertise va être primordiale pour rester vigilant sur les points d’usure et garantir une bonne utilisation de la machine.

Avec Quentin, nous formons sur le papier sans doute le duo le plus expérimenté de la flotte des Ocean Fifty ! De mon côté, je repars sur une cinquième Route du Café et je totalise 11 transats et des milliers de milles en Ocean Fifty après cinq saisons complètes sur ce support exigeant. A moi les réflexes et la gestion des situations compliquées, à lui la rigueur technique. Mon co-skipper, c’est la force tranquille incarnée. Qu’on se le dise, notre duo est super complémentaire…

Voile Magazine : Comment s’est déroulée votre préparation avec un bateau récupéré au début de l’été ?

Thibaut Vauchel-Camus : Sur le bateau, nous n’avons pas eu le temps de nous lancer dans des transformations techniques digne de ce nom. Nous avons juste refait toute la décoration extérieure et un chantier de vérification cet été car le timing était super serré. De toute façon, cet Ocean Fifty est bien né et j’embarque avec moi un « tuto performance » vivant en la personne de Quentin puisqu’il connait toutes les spécificités de son ancien bateau. On verra après la course si nous choisissons ou non d’apporter des évolutions à ce plan Neyhousser.

Sur la Fastnet, nous avons été obligés d’abandonner suite à des soucis de hook. C’était frustrant de ne pas finir cette course de préparation surtout qu’elle devait compter comme épreuve qualificative pour la Jacques Vabre mais elle nous a quand même permis d’emmagasiner de la confiance et des réflexes dans les conditions de vent fort rencontrées en Manche. Après le parcours de qualification bouclé en août, nous avons fait les convoyages ensemble pour se rendre sur les grands prix ou récemment au Havre la semaine dernière, histoire de peaufiner nos automatismes.

Voile Magazine : Sur quoi va se jouer cette Transat Jacques Vabre ?

Question bateau, je ne suis pas inquiet, question gestion par l’équipage du mauvais temps non plus… Le combat s’annonce acharné avec cette flotte homogène. L’intensité de la course risque d’être assez incroyable. A mon avis, la victoire va se jouer sur la capacité de chacun à courir à 100% de ces moyens du début à la fin. D’où l’intérêt de posséder une grosse expérience technique de son Ocean Fifty, de bien maitriser les protocoles de réparation  pour être capable de solutionner les pépins matériels au plus vite en collaboration avec l’équipe restée à terre.

Crédit : Pierrick Contin.

Après, la voile est un sport mécanique de plein air, donc on n’est jamais à l’abri de la grosse tuile ou de la mistoufle météo qui vous plombent une course. En 2015, en Class40, une grosse avarie de safran nous coûte la victoire. Quatre ans plus tard, en 2019 avec Fred Duthil, en tête depuis le début de la course, nous nous engluons dans une dorsale quand les petits copains en retrait la contourne avant de nous passer devant. En 2022, je déchire le grand gennaker dans l’alizé… La stratégie météo va commencer à se dévoiler en milieu de semaine et nous allons travailler le sujet avec notre équipe routeur composée d’Eric Mas et Fred Duthil. Personnellement ce qui me fait peur, c’est pas la baston mais bien le manque de vent type dorsale vicieuse ou Pot au noir très actif  !

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Et aussi : Transat Jacques Vabre 2023 : IMOCA, une flotte au complet



Source

Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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