Droit international

Israël-Gaza : “De part et d’autre, on est face à des crimes de guerre, voire contre l’humanité” – La Libre.be


Dans le droit des conflits armés, l’un des grands principes est l’interdiction de prendre pour cible les civils pour s’attaquer uniquement aux combattants et aux objectifs militaires. Cette règle fondamentale a été violée de manière flagrante par le Hamas, lors de son attaque du 7 octobre. C’est ce que rappelle François Dubuisson, professeur de droit international à l’ULB. “Les tirs du Hamas, envoyés vers des localités israéliennes, ne pouvaient pas cibler un objectif militaire.” Mais la riposte d’Israël, comme le laissait craindre certaines expressions utilisées par son état-major (“nous avons affaire à des animaux”), semble elle aussi décidée à bafouer le droit international. L’ONG Amnesty International signalait d’ailleurs disposer lundi de “preuves accablantes” d’au moins cinq attaques “illégales” menées par Tsahal dans la bande de Gaza entre le 7 et le 12 octobre.

S’il peut être “admissible” que des civils meurent aux alentours des attaques, dans tout conflit, ces morts collatéraux doivent être “proportionnés”. Les tirs et les bombardements indiscriminés sont interdits. “Les tirs israéliens frappent très largement au nord de Gaza. Et la précision de ces derniers, selon certaines déclarations, ne semble pas être la priorité d’Israël. L’État hébreu a dit aux civils de partir alors que le déplacement d’un million de personnes est quasiment impossible. Considérer que de vastes quartiers de Gaza sont une cible en soi ne respecte pas les règles internationales. Il faudra examiner au cas par cas ce qui se passe mais au vu du nombre de civils qui meurent, on peut augurer une violation des règles. De part et d’autre, on est face à des crimes de guerre, voire contre l’humanité, qui relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale.

Depuis le XIX siècle, la manière de faire la guerre a été réglementée pour que l’efficacité militaire ne prévale pas sur le sort des populations civiles. Mais la Seconde Guerre mondiale n’a pas respecté ce cadre. C’est pourquoi les Conventions de Genève en 1949 et une série d’autres ont été adoptées. Malheureusement, “en cas de violations flagrantes, il n’existe pas de police internationale pour intervenir et y mettre fin. Ce sont toutes les limites du droit international”, conclut François Dubuisson.

À défaut de norme réellement opérante pour arbitrer le conflit. On a vu les efforts récents du président américain Joe Biden pour pour éviter que le conflit ne s’étende et ménager la possibilité d’une aide humanitaire à Gaza depuis l’Égypte. On verra ce que son homologue français Emmanuel Macron pourra faire pour “encadrer” la riposte israélienne. Notamment l’offensive terrestre qu’elle prépare en déployant 360.000 réservistes aux portes de l’enclave palestinienne. Une offensive qui paraît chaque jour plus certaine, à mesure que les bombardements de plus en plus soutenus pilonnent Gaza pour préparer l’entrée des troupes.

Bilan catastrophique

Le conflit a fait plus de 1.400 morts côté israélien dont environ 900 civils. Dans la bande de Gaza, on dénombre plus de 4.600 morts, dont 1.800 enfants, et 12.000 blessés, selon l’ONU. Le nombre d’otages enlevés par le Hamas a été revu à la hausse à 203 per­sonnes dont 20 mineurs et dont au moins 22 auraient déjà perdu la vie lors des frappes. Dans la bande de Gaza, où s’entassent 2,3 millions de personnes, plus d’un million d’entre elles ont été déplacées.

Vu de Bruxelles

La manifestation “Gaza, stop aux massacres! Stop à l’impunité!” à Bruxelles, a rassemblé au moins 12.000 personnes. Les participants à l’action ont appelé l’UE à tout mettre en œuvre pour obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza ainsi que la protection de toutes les populations civiles et un accès à l’aide internationale pour elles. Ils requièrent aussi un soutien politique et financier à l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation en Palestine. Ils souhaitent encore des mesures contraignantes contre Israël afin qu’il mette fin à l’occupation, à la colonisation et à l’apartheid ­contre le peuple palestinien.

Oslo K.-O.

Ce qu’est devenu Gaza aujourd’hui symbolise, trente ans après, l’échec total du processus de paix signé par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat le 13 septembre 1993. Les deux dirigeants se sont chacun heurtés à de vives oppositions de leur propre camp. Côté israélien, Rabin a été assassiné deux ans après les accords d’Oslo par un militant juif d’extrême droite opposé à tout retrait de Cisjordanie. Parmi les opposants les plus déterminés, la droite israélienne du Likoud incarnée déjà par le Premier ministre actuel, Benyamin Netanyahou. Côté palestinien, le Hamas s’est lancé dans une série d’attentats-suicides et a cherché à saper l’autorité d’Arafat sur la Palestine. Les deux protagonistes actuels du conflit, le Hamas et ­Netanyahou ont tout fait pour torpiller les accords d’Oslo.



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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