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[VIDEO] « World rugby veut rendre son sport plus rentable … – Midi Libre


Dans son ouvrage Planète Rugby, Kevin Veyssière, professeur et expert en géopolitique du sport revient sur l’évolution et le développement de la discipline à l’heure de la globalisation et du soft power.

Avez-vous l’impression que cette Coupe du monde a réussi à faire sortir le rugby de cet entresoi qui lui est reproché ?

On a l’impression qu’au niveau des supporters avec l’équipe de France on sort de cet entresoi, parce qu’on a toute la nation derrière cette équipe, ça se traduit au niveau des audiences télé. Mais aussi parce que les stades sont pleins, même sans la France on entend La Marseillaise. On voit aussi que la Coupe du monde n’est présente que lors des périodes de match. On a constaté que l’écart est toujours conséquent entre les nations historiques, celle du top 10 mondial et celles qui ont besoin de se qualifier pour l’épreuve.

L’augmentation du nombre de participants peut-elle permettre l’émergence de nouveaux pays ?

Il faudra d’abord que World Rugby finance de façon plus pérenne les petites nations. Je pense aux paroles de Pablo Lemoine le sélectionneur du Chili qui disait que World Rugby les avait beaucoup accompagnés pendant cette dernière année mais pas forcément sur les quatre dernières années. Le Covid a fragilisé pas mal de petites fédérations qui évoluent à des niveaux semi-pro ou amateur et que depuis 4 ans, elles n’avaient pas eu l’occasion de disputer beaucoup de rencontres internationales. Qui plus est face aux meilleures nations. Par exemple la Namibie et la Roumanie ne peuvent rencontrer les meilleurs que lors des Coupes du monde. Si World Rugby veut élargir sa compétition avec un niveau plus compétitif, il faudra qu’ils prennent chaque fédération au cas pas cas et voir comment les aider. Le rugby à XV à travers ses règles ou et les différents profils de joueurs, ça prend du temps à se mettre en place. Il faudra une dizaine d’années pour voir ces petites équipes nationales évoluer et être compétitives. L’horizon 2027 me semble un peu tôt et il faudrait plutôt viser la Coupe du monde 2031 aux États-Unis.

Comme le foot l’avait fait en 1994, une Coupe du monde aux États-Unis peut ouvrir des portes au rugby ?

Oui, même s’il y a des ligues sportives déjà très implantées qui ont déjà une économie propre, comme la NBA, le hockey ou le foot US qui s’est construit en opposition avec le rugby. Même si les Américains sont doubles champions olympiques de rugby en 1920 et 1924, cela reste le parent pauvre des sports collectifs nord américains. La création de la Major League rugby met du temps pour prendre ses marques. On est encore très loin de ce que fait la Major League soccer par exemple. Mais cela peut être un coup de boost. Et puis, World Rugby veut voir s’il est possible de pérenniser le rugby à XV ou à 7 en Amérique du Nord.

Le développement ne passera-t-il pas par le VII ?

Cela va permettre à des pays qui n’ont pas de tradition ou de culture rugby de pouvoir s’y adonner et d’avoir des résultats assez concrets et assez rapidement. On pense à la Chine par exemple. Il y a aussi des questions de représentation nationale. Il faut qu’ils soient fort sur la scène sportive aussi. Le Seven a cette dimension internationale à travers le WR Sevens et les JO avec des champions qui changent du XV, puisque ce sont les Fidji qui sont double champions olympiques. Mais la compétition la plus prestigieuse, ça reste le XV. Avec ses rencontres historiques qui font le plus d’audience et qui génèrent le plus de chiffre d’affaires.

“Le plus d’investissement dans le sport sont fait de la Golfe Persique”

L’entrée des pays du Golfe est une donne importante ?

Oui, World rugby veut rendre son sport plus rentable. La où il y a le plus d’investissements qui sont faits pour accueillir des matches ou des événements sportifs, c’est dans le Golfe Persique. Les Émirats arabes unis ont déjà cette culture du rugby, du fait que ce soit un ancien protectorat britannique il y a beaucoup d’expatriés qui ont poussé pour la mise en place du tournoi de Dubaï sur le calendrier du VII. Pour le Qatar ou l’Arabie, il n’y a pas cette tradition. Là, leur but c’est plutôt de pouvoir accueillir des matches internationaux ou de Coupe d’Europe pour utiliser le sport comme un moyen de suivre leur plan de modernisation.

On n’en est pas encore à l’organisation d’une Coupe du monde dans ces pays ?

Au rugby à XV on en est assez loin. Au rugby à VII, on a déjà eu une Coupe du monde, même en Russie. Ça peut être une première étape. On sait aussi que le Qatar s’est positionné pour la Coupe du monde de rugby à XIII 2025 pour remplacer la France qui s’est désistée.

Ce sont des étapes, comme l’a fait le Qatar avant la Coupe du monde de foot 2022, organiser de gros événements pour savoir s’ils étaient en capacité d’organiser une grande compétition avec toutes ses problématiques. Avant de candidater pour une Coupe du monde de rugby à XV qui sera certainement décriée parce que le Qatar n’a pas cette tradition, il faudra passer par le VII ou XIII.

Planète Rugby, 50 questions géopolitiques, éditions Max Milo. 19,90 €



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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