Politique

Transition écologique et IA, deux préoccupations majeures des … – La Tribune Bordeaux


Il y a dix ans naissait la French Tech, cette grande coalition nationale bâtie pour propulser les startups du numérique parmi les champions du monde de la tech. Une organisation qui préfigurait les transformations à venir. Mais en 2013 dans les entreprises, on ne parlait alors ni transition écologique ni arrivée de l’intelligence artificielle. En y ajoutant la réforme des retraites, on obtient aujourd’hui les trois composantes nouvelles qui vont le plus bouleverser le travail dans les années à venir pour respectivement 18 %, 23 % et 27 % des salariés interrogés en Nouvelle-Aquitaine par un sondage de l’Ifop pour le Conseil en évolution professionnelle (CEP).

Une offre de formation encore faible

Une tendance à l’image des syndicats qui ont conduit en début d’année une mobilisation historique en opposition à la réforme du gouvernement, mais qui alertent aussi, à plus long terme, sur les besoins en formation pour répondre aux nouveaux enjeux sociétaux. « Quand on les interroge sur des sujets spécifiques, les salariés ont tendance à penser que la transition écologique va être encore plus impactante que l’intelligence artificielle », relaie Gérald Maury, directeur du CEP Nouvelle-Aquitaine. 54 % des personnes interrogées estiment que leur métier va de ce fait connaître des transformations.

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Mais l’heure est encore au constat plus qu’à l’action. Si les entreprises et leurs collaborateurs voient venir les transformations, les moyens pour l’aborder sont encore en gestation. « Ces besoins ne se traduisent pas encore en matière d’offre de formation, même si on voit quelques organismes qui s’y mettent », indique le directeur. Au renouveau des compétences précède la sensibilisation des salariés aux enjeux climatiques. C’est ce à quoi s’évertuent l’association La Fresque du Climat qui a initié depuis 2015 plus de 1,2 million de personnes dans le monde à la compréhension des bouleversements climatiques.

Réveil des entreprises

Une initiative à laquelle ont pu participer les 500 salariés de l’entreprise de services numériques Onepoint, répartis entre la Nouvelle-Aquitaine, principalement à Bordeaux, et en Occitanie. « Il y a encore deux ans, on nous disait que ça ne servait à rien et que ça coûtait cher », rejoue Erwan Le Bronec, dirigeant de Onepoint dans le Sud-Ouest. « Les canicules et les incendies qu’a vécu notre région ont vraiment fait réfléchir tout le monde. » Depuis, la délégation régionale de l’entreprise, basée à la Cité numérique de Bègles, connaît des demandes croissantes pour accompagner l’élaboration de politiques RSE, stratégies et bilans carbone ou de dispositifs numérique responsable. De quoi bousculer quelque peu les habitudes des conseillers de One Point.

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Pour les faire monter en compétences, la direction prône une approche progressive. « On propose des modules de formation qui s’adaptent au cours du temps, à travers deux à trois niveaux, où l’on va plus ou moins loin dans le détail », explique Erwan Le Bronec. Comme une centaine d’autres dans la région, l’entreprise a rejoint la Convention des entreprises pour le climat en Nouvelle-Aquitaine qui doit, d’ici la fin de l’année, co-construire des feuilles de route climatiques dans l’ensemble de ces structures pour mettre fin au « business as usual ».