Éducation

My Hero Academia fait partie des mangas les plus censurés aux … – melty



Par Juliet F


Qui aurait pensé que les mangas seraient un jour au centre d”une polémique aux États-Unis ? Quand des séries populaires telles que My Hero Academia et Assassination Classroom se retrouvent bannies de nombreuses bibliothèques scolaires, où trace-t-on la ligne entre protection de la jeunesse et censure culturelle ?

Les mangas, ces bandes dessinées japonaises qui ont conquis le monde entier, sont aujourd’hui au cœur d’une controverse grandissante aux États-Unis. Selon les données récentes de PEN America et de l’EveryLibrary Institute, entre juillet 2022 et septembre 2023, au moins 15 séries différentes ont été remises en question ou interdites dans 15 districts scolaires américains.

Deux titres, My Hero Academia de Kohei Horikoshi et Assassination Classroom de Yusei Matsui, se sont particulièrement distingués dans cette vague de censure, ayant été retirés des étagères dans plusieurs districts scolaires. Les motifs ? Violence excessive et contenu sexuellement explicite. Ces deux œuvres, plébiscitées par un public jeune et adolescent, se retrouvent ainsi catégorisées comme inappropriées par certains législateurs et groupes de pression. Cette situation soulève de nombreuses questions sur la liberté d’expression, la compréhension culturelle et les limites de la protection de la jeunesse. Comment ces mangas se sont-ils retrouvés dans la ligne de mire des autorités éducatives américaines ? Quelles conséquences cela pourrait-il avoir sur la perception et la diffusion de la culture japonaise aux États-Unis ?

La censure des mangas aux États-Unis : Un phénomène en hausse

La fréquence des interdictions de mangas aux États-Unis est en hausse, une tendance qui semble s’accentuer particulièrement dans les états gouvernés par des républicains. Des groupes conservateurs et/ou religieux exercent une pression constante sur les législateurs pour retirer du matériel jugé inapproprié des bibliothèques. Ainsi, des séries comme Assassination Classroom, où les élèves sont chargés d’assassiner leur professeur (un être extraterrestre menaçant de détruire la Terre), sont accusées de glorifier la violence en milieu scolaire et de promouvoir les armes à feu. Venant de la part d’un pays où le 2ᵉ amendement est assez clair sur le droit du peuple de détenir et de porter des armes, accuser un titre de fiction de promouvoir les armes à feu est assez ironique. D’autant plus que, dans un article du Courrier International publié au printemps, le nombre de jeunes américain.es exposé.es à la violence par armes à feu au sein de leur établissement est assez conséquent (plus de 344 000 au total).

My Hero Academia, de son côté, est critiqué pour ses représentations sexualisées, particulièrement envers les personnages féminins. La mise en place de lois plus strictes, telles que le READER ACT, souligne la volonté des autorités de contrôler et de restreindre l’accès à certains contenus. Cette loi exige des vendeurs de livres qu’ils signalent les matériaux à caractère sexuel explicite ou pertinent, restreignant potentiellement leur accès s’ils sont désignés comme « obscène ». Des titres tels que Soul Eater, Naruto, Citrus, Hana-Kimi, Fruits Basket, JoJo’s Bizarre Adventure et Spy x Family ont également fait l’objet de contestations ou d’interdictions en 2023.

Cette vague de censure pose de sérieuses questions sur la liberté d’expression et la compréhension culturelle aux États-Unis. Les mangas, en tant que forme d’art et moyen d’expression, méritent-ils d’être ainsi stigmatisés et bannis ? Ou est-ce là le prix à payer pour protéger la jeunesse d’influences jugées néfastes ? Les réponses à ces questions sont complexes et nécessitent un débat ouvert et éclairé, loin des préjugés et des idées préconçues. Néanmoins, nous sommes en droit de nous poser la question sur les intérêts cachés des politiques derrière ces nombreuses censures. Enfin, il ne faudrait pas que les politiques français, à l’instar de Ségolène Royal en 1989 à propos de l’animation japonaise, ou dernièrement d’Emmanuel Macron avec les jeux vidéos, se mettent soudainement à s’inspirer de cette politique de la censure.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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