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Découvrez le campus parisien de l’École 42 de Xavier Niel – Figaro Immo


Qui dit école hors normes, dit campus hors normes… L’école 42, cofondée par Xavier Niel il y a 10 ans fait incontestablement partie de ces établissements inclassables. La formation y est gratuite, les locaux sont ouverts 24 heures sur 24, la pédagogie s’appuie largement sur l’autoformation… C’est pourquoi les bâtiments qui complètent cette école devaient sortir du lot. Baptisés NOC 42 (pour «not only a campus», pas seulement un campus), ces deux constructions du 17e arrondissement de Paris situées boulevard Bessières en face de l’école pour l’un et un peu plus loin, rue du Dr Paul Brousse, avaient été lauréats de l’appel à projets «Réinventer Paris!» en 2016.

Alors que, victime de son succès, l’École 42 est en pleins travaux de restructuration pour s’agrandir et recevoir 2,5 fois plus d’élèves, les deux immeubles aux volumes cubiques l’un revêtu de bois, l’autre d’un enduit blanc, viennent d’être livrés par AR studio d’architectures. En quoi se réclament-ils être plus qu’un campus? C’est qu’au-delà du lien naturel entre ces deux immeubles et l’École 42, ils se veulent ouverts sur le quartier pour créer un lien supplémentaire avec le voisinage. C’est ainsi qu’une épicerie participative, accessible aux étudiants comme aux riverains est installée dans l’un des rez-de-chaussée tandis que le sous-sol de l’autre immeuble accueille une salle de spectacle et d’expositions de plus de 200 places entièrement reconfigurables. Même chose pour le toit-terrasse qui devrait en partie faire office de jardins partagés gérés par une association locale.

Le plein s’ouvre, pas les baies vitrées

Les deux bâtiments en eux-mêmes, représentant 5150 m², sont aisément reconnaissables avec leurs motifs cubiques renvoyant assez clairement à l’idée du pixel, plus petit élément d’une image numérique. Et malgré une écriture architecturale contemporaine, il faut bien reconnaître que la trame de ces bâtiments (l’unité de base qui est répétée dans le plan) se cale assez précisément sur la trame des bâtiments haussmanniens voisins. Autre élément frappant: la fenêtre est agrandie à l’échelle d’un étage entier, un carré de 3 mètres sur 3. Ces grandes baies sont vitrées alors que les éléments pleins sont ouvrants. Par ce biais, «on oblige les usagers à se poser des questions», indique Adrien Raoul, fondateur d’AR studio d’architectures. Il apprécie visiblement ces espaces qui interpellent et permettent aux usagers d’en définir l’usage.

En insistant sur la portée sociale et environnementale de ces bâtiments, l’architecte tenait par ailleurs à les insérer dans le tissu de ce qui reste l’une des zones les moins aisées de la capitale tout en répondant aux besoins d’étudiants disposant généralement de moyens limités. C’est ainsi qu’il a été choisi de ne pas installer dans les campus d’espace de restauration qui concurrenceraient directement les petits commerces voisins et qu’une offre de logement low cost, à vocation temporaire est proposée aux étudiants. S’inspirant des chambres capsules japonaises, l’établissement propose des lits-cabines de 1,20 m de hauteur sur 1,20 m de large et un peu plus de 2 mètres de longueur. À raison de deux lits-cabines superposés à chaque fois, on peut entasser près d’une centaine de couchages sur un plateau de 315 m².

Effrayante densité?

Si cette densité à de quoi effrayer, il faut bien reconnaître que tout a été pensé dans une optique d’optimisation. C’est ainsi que les douches communes (mais non mixtes) ont été regroupées dans un seul bâtiment plutôt que dispersées dans chaque espace nuit, même chose pour l’espace restauration. Une approche qui restreint aussi bien les coûts que l’empreinte écologique. Cet hébergement optionnel est proposé aux étudiants moyennant 250 euros par mois (avant aides) et a vocation à leur proposer un toit avant qu’ils ne dénichent une solution plus durable… et sans doute plus confortable. Évidemment, rien n’empêche ceux qui le souhaitent de rester durablement sur place. «À terme, il y a 786 lits prévus, explique Adrien Raoul. Vous imaginez la surface de bâtiment et les consommations que cela représenterait rien si nous avions conçu l’équivalent d’une cité universitaire avec cette capacité d’accueil?» Il rappelle que les installations ont vocation à accueillir jusqu’à 3500 inscrits pour seulement 3600 m² d’emprise en sol.

Il faut bien reconnaître aussi que cette organisation très particulière permet une parfaite réversibilité. En très peu de temps, un niveau consacré aux salles informatiques des étudiants a ainsi pu être reconfiguré en étage de couchage. Un exemple en temps réel du concept de bâtiment réversible en vogue actuellement. D’ailleurs, en mode couchage comme en mode salle de travail, on retrouve ce point commun de la très forte densité. Une véritable ruche où les étudiants apprennent au contact des uns des autres à raison de 1,5 m² par personne pour un poste de travail quand on compte souvent 10 m² en entreprise… Point positif de tout cela, la densité en ordinateur est tellement forte que le bâtiment ne devrait pas connaître de problème de chauffage. En revanche, les architectes ont plutôt dû se pencher sur les risques de surchauffe estivale.



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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