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Trail. “Tout ce que j’aime : des grosses montées, des descentes et … – France 3 Régions


Aurélien Dunand-Pallaz a remporté la Diagonale des Fous 2023, sur l’île de la Réunion, vendredi 20 octobre. Le traileur savoyard revient sur sa victoire maîtrisée, malgré les éléments extrêmes, et sur sa saison pleine de réussites.

Près de 170 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif bouclés en 23 heures et 21 minutes. Ce vendredi 20 octobre, le traileur Aurélien Dunand-Pallaz est devenu le nouveau champion de la Diagonale des Fous, sur l’île de la Réunion. Le Savoyard revient sur sa course entre extrême chaleur, terrain technique et ambiance folle.

“France 3 Alpes : Comment vous sentez-vous un peu plus de deux jours après cet énorme effort ?

Aurélien Dunand-Pallaz : Le plus dur ce n’est pas physiquement, je ne suis pas trop cassé. Ce qui est difficile, c’est la fatigue mentale, on manque de sommeil. En général, ça rentre dans l’ordre en deux ou trois jours. Puis, c’est la fin de la saison donc je vais prendre deux ou trois semaines de quasi-repos total.

C’est la première fois que vous participez à cette course. Cette Diagonale a-t-elle été une découverte totale pour vous ?

Oui c’était la première fois que je participais, mais en réalité je connaissais déjà la totalité du parcours. J’étais déjà venu trois fois sur l’île en 2018, 2019 et 2022 dans le but de courir la Diagonale. Mais à chaque fois, j’étais arrivé blessé et je n’ai jamais pu prendre le départ. J’avais quand même pu reconnaître une grande partie du parcours.

Cette année, je suis arrivé deux semaines en avance pour reconnaître deux parties qui avaient changé. Je connaissais donc vraiment le terrain et tout le parcours. Ça n’a pas été une découverte totale.

Est-ce que cette connaissance du parcours vous a permis de prendre un départ rapide ? Vous êtes resté en tête de course tout du long…

Partir en tête n’était pas vraiment un objectif. Surtout que les 40 premiers kilomètres sont vraiment roulants. C’est la partie pas technique de la course, ce sont des pistes forestières ou des passages sur la route. Ce n’est pas du tout mon point fort. Mais finalement, je me suis échappé tout seul sans vraiment chercher à le faire. Ça s’est fait naturellement et j’ai continué à faire mon petit bonhomme de chemin sans me soucier des autres. Je gérais surtout mon allure. Je ne voulais pas forcément rester avec les autres si j’étais dans une bonne journée. Ce qui a été le cas.

Il y avait d’ailleurs un beau plateau au départ avec la présence de Germain Grangier, troisième de l’UTMB, et le retour de François D’Haene. Ça a été une source de motivation supplémentaire ?

J’étais vraiment en confiance. Cet été, j’ai réussi à faire tout ce que je voulais. J’avais suivi une bonne préparation, j’étais très bien reposé ces derniers temps, je connaissais le terrain… J’étais même content des présences de Germain et de François parce que ça rajoutait de l’intérêt à la course, un peu plus de bagarre. Je savais qu’avec eux, ça rajoutait de la difficulté et de la pression. 

Cette course a été marquée par une grande chaleur. À quel point ce paramètre a-t-il été difficile ?

Jean-Philippe Tschumi, qui finit troisième, m’a dit que c’était une course complètement différente de l’an dernier. Il faisait extrêmement chaud dans le cirque de Mafate. On était en plein soleil, je suis rentré à deux reprises dans une rivière pour me refroidir. J’avais pris une petite éponge que j’humidifiais à chaque passage de ruisseau avant de la mettre dans mon bob. J’avais toujours trois flasques d’eau sur moi, je m’arrosais avec.

De la sortie de Mafate jusqu’à l’arrivée, la météo est restée la même. Il faisait lourd et chaud, on transpirait énormément. La chaleur a été une clé de la réussite, il fallait être préparé à ça. Je m’y étais préparé en m’entraînant beaucoup sous la chaleur, je suis allé en Corse au mois de septembre… J’avais fait en sorte que le soleil m’impacte le moins possible.

Une des autres caractéristiques de la Diagonale des Fous est la technicité du parcours. Est-ce que ça a été difficile pour vous ?

Je savais à quoi m’attendre. C’est un terrain que j’affectionne, quand c’est technique, quand il y a des marches. Finalement, on marche beaucoup sur ce parcours. À partir du kilomètre 70, il n’y a plus vraiment de parties très courables, où on peut aller vite. C’est tout ce que j’aime : des grosses montées, des grosses descentes et des passages dans des cailloux. On ne va pas très vite et c’était un avantage pour moi.

Cette technicité et cette chaleur ne vous ont pas posé de problème ?

Avec la chaleur, c’était difficile de manger des choses solides au fil des heures. Il fallait gérer des petits troubles gastriques mais je commence à avoir l’habitude. Quand ça arrive, je prends des choses liquides ou semi-liquides comme des compotes et de la boisson salée.

La Diagonale des Fous est un grand rendez-vous sur l’île. Comment avez-vous vécu cette ambiance ?

J’ai été vraiment impressionné. Le départ de l’UTMB, ce n’est rien du tout à côté de la Diagonale des Fous. Il y avait plus de 30 000 personnes à Saint-Pierre pour le départ. Pendant 4 kilomètres, on devait fendre la foule présente de chaque côté de la route.

Même dans Mafate, dans les ravitaillements, il y avait vraiment beaucoup de monde. J’ai été surpris par le nombre de spectateurs. J’étais un peu moins surpris à l’arrivée : je savais qu’il y allait avoir beaucoup de monde et je n’ai pas été déçu. Il y avait une sacrée ambiance. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de lumières… C’était super chouette.

Vous n’êtes pas passé loin de battre le record et de passer en dessous des 23 heures. Est-ce que ça a animé votre fin de course ?

Je ne regarde jamais les chronos. Je ne connaissais pas mon temps 5 minutes avant de rejoindre la ligne d’arrivée. Puis le parcours est le même que l’an dernier, mais il est différent de celui de 2021. Donc c’est difficile de comparer. Ce n’est pas quelque chose qui m’est passé par la tête. Je fais surtout attention aux écarts avec mes concurrents.

Avec cette victoire, vous rentrez dans le “club” des quelques coureurs qui ont remporté deux des quatre courses mythiques d’ultra-trail en moins d’une saison (il avait déjà remporté la Hardrock 100 aux Etats-Unis en juillet dernier). Quels sont vos sentiments sur cette performance ?

Ces deux courses-là étaient vraiment mes objectifs de la saison. Lors de la Hardrock, je savais que j’avais mes chances : on connaissait le plateau des coureurs depuis un petit moment et nous n’étions que 150 à y participer.

Mon but était d’arriver à 100 % sur ces deux événements. J’y suis arrivé, j’ai pris le départ quand j’étais en pic de forme. Ça a été une grande satisfaction. Là clairement, j’ai le sentiment d’avoir vécu ma meilleure saison. J’ai eu quasiment zéro loupé avec ces deux victoires et une autre en Suisse [la Wildstrubel by UTMB], je n’ai eu aucun pépin physique, j’étais vraiment en très bonne forme depuis juillet.

Avez-vous d’autres objectifs d’ici l’an prochain ?

C’est la fin de saison pour moi. Je vais rentrer me reposer et attendre l’hiver pour rechausser les skis. Et l’année prochaine, ce qui est sûr, c’est que je veux participer à l’UTMB. J’ai eu mon ticket qualificatif en Suisse. L’UTMB sera un de mes deux gros objectifs. Il reste à définir le deuxième. Ce sera peut-être la Hardrock ou la Diagonale de nouveau… Je n’ai pas encore fait mon choix.”





Source

Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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