Problèmes sociaux

La famille de la petite Maélie, tuée par sa mère, poursuit la DPJ pour … – Le Devoir


La famille de la petite Maélie, qui a été tuée par sa mère en 2020, poursuit la DPJ pour plus de 3 millions de dollars : elle lui reproche de ne pas avoir protégé l’enfant, malgré plusieurs signalements.

L’enfant n’avait que 6 ans quand elle est morte, le 23 juillet 2020, poignardée de quelque 80 coups de couteau.

Sa mère, Stéphanie Brossoit, avait consommé plusieurs drogues avant de s’en prendre à sa fille, dont de la méthamphétamine, du GHB et un gâteau au cannabis entier. Lorsqu’elle se réveille en plein milieu de la nuit, elle « pense qu’elle doit donner des coups de couteau à l’enfant pour la sauver », peut-on lire dans l’action.

La mère a plaidé coupable en mars à une accusation d’homicide involontaire en vertu d’une entente entre la Couronne et la défense. Elle a reçu une peine de 10 ans de prison.

Le père — qui n’avait la garde de Maélie que les fins de semaine —, la demi-soeur de l’enfant et sa grand-mère paternelle ont déposé cette action contre le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui est responsable de la DPJ dans ce secteur de la métropole.

L’enfant avait d’ailleurs fait l’objet de quatre signalements à la DPJ entre avril 2019 et avril 2020 « pour un risque sérieux de négligence, pour mauvais traitements psychologiques et pour négligence sur le plan éducatif ainsi que sur le plan physique », le tout en lien avec les problèmes de santé mentale de la mère et sa consommation de drogue, est-il indiqué dans l’action rédigée par l’avocate de la famille, Me Valérie Assouline.

Malgré ces quatre signalements, les intervenants n’ont pas agi et n’ont pris aucune mesure pour mettre Maélie en sécurité, peut-on lire.

Un système qui a failli à sa mission ?

La demi-soeur de Maélie, alors encore adolescente, a elle-même avisé la DPJ de problèmes, rapportant notamment que leur mère a fait la fête toute une fin de semaine en consommant une grande quantité d’alcool devant elles, est-il écrit.

Malgré cette dénonciation, la DPJ croit la mère, qui soutient ne plus consommer. Comme la femme consent à passer des tests de dépistage de drogue, aucune démarche de suivi n’est entreprise. La DPJ ne la questionne pas non plus sur la porte endommagée de son logement, laquelle a été défoncée par les policiers lorsqu’elle a tenté de s’enlever la vie par ingestion de médicaments. Autre reproche : le père n’est pas avisé de tous les faits signalés à la protection de la jeunesse.

« En s’en remettant une fois de plus uniquement aux seuls renseignements que voulait bien divulguer la mère, soit la personne potentiellement responsable de la compromission, les intervenants ont agi en contravention aux règles de l’art liées à leur profession, comportement ayant entraîné des résultats désastreux », peut-on lire dans l’action.

La DPJ est fautive de ne pas avoir protégé l’enfant, est-il reproché dans la demande en justice, qui cite même une « négligence grossière ».

Ses employés n’ont pas évalué adéquatement le risque pour la fillette ni investigué correctement. Pire, ils n’ont pas agi. Ils ont notamment omis de rencontrer individuellement sa demi-soeur et n’ont pas tenu compte des problèmes de santé mentale de la mère dans leur évaluation de la situation. Maélie, âgée de 5 ans lors du premier signalement, était particulièrement vulnérable vu son âge. Et comme elle ne fréquentait pas de garderie, elle n’avait pas ce filet de sécurité autour d’elle, un facteur que les intervenants de la DPJ auraient dû considérer, reproche la famille.

« Les demandeurs ont été victimes d’un système dont les nombreux acteurs ont failli à leur mission principale, laquelle était d’assurer la protection de l’enfant. »

Pour toutes ces fautes, les membres de la famille réclament 2,5 millions en dommages compensatoires pour les douleurs et les souffrances liées au décès tragique de la fillette et 1 million en dommages punitifs.

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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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