Organisations internationales

Un flux faible mais régulier d’aide humanitaire s’instaure à Gaza … – Les Échos


Publié le 23 oct. 2023 à 17:19Mis à jour le 23 oct. 2023 à 20:57

L’aide internationale humanitaire à Gaza s’installe, plus de deux semaines après le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Un troisième convoi humanitaire de dix-sept camions est entré dans l’enclave palestinienne, lundi, selon un travailleur humanitaire et deux sources de sécurité. Le président américain, Joe Biden, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, se sont mis d’accord dimanche pour qu’il « y ait dorénavant un flux continu dans Gaza de cette assistance cruciale », selon un communiqué commun.

Deux convois, l’un de vingt camions samedi, et l’autre de quatorze, dimanche, avaient commencé à acheminer l’eau, les médicaments et la nourriture dont ont besoin les 2.3 millions de Gazaouis assiégés, en des quantités toutefois insuffisantes. Ces convois ne transportaient pas de carburant, dont Israël craint qu’il ne puisse servir aux combattants du Hamas.

Cent camions par jour nécessaires

L’ONU estime que le flux mis en place depuis samedi correspond à 4 % de celui observé en moyenne quotidiennement avant la guerre. Et il faudrait cent camions par jour pour empêcher littéralement les Gazaouis de mourir de faim et de soif après qu’Israël a suspendu la fourniture de denrées qu’elle assurait auparavant.

L’aide humanitaire a été mise en place après un accord entre l’Egypte, qui gère à Rafah l’unique point de passage à la frontière ouest de Gaza, les Etats-Unis et Israël, qui a fermé le 8 octobre l’unique point de passage le reliant à l’enclave. Parallèlement, le Royaume-Uni a annoncé lundi qu’il augmentait de 20 millions de livres (environ 23 millions d’euros) son aide humanitaire pour Gaza.

Réunis à Luxembourg ce lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont d’ailleurs jugé nécessaire d’augmenter l’aide humanitaire vers Gaza. « Les besoins sont bien plus importants que ce que peuvent transporter les convois actuellement, que ce soit en termes de denrées alimentaires ou de médicaments », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, à l’issue du Conseil. Selon lui, « la bande de Gaza a aussi besoin de carburant pour les centrales électriques qui alimentent les usines de dessalement d’eau de mer, car Gaza n’a que deux sources d’eau, des puits, et les installations de dessalement ».

Projet de pause humanitaire

Le Haut Représentant pour les affaires étrangères a ensuite admis que la « pause humanitaire » à laquelle les Vingt-Sept appellent est moins ambitieuse que le « cessez-le-feu » réclamé par Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies. « Une pause ou une trêve est par nature temporaire, mais elle peut aussi être décidée de manière plus rapide », a-t-il précisé.

Selon des diplomates européens, les ministres attendent désormais que les chefs d’Etat et de gouvernement, qui se réunissent ce jeudi et ce vendredi à Bruxelles, calent le message exact de l’Union au sujet de la guerre Israël-Hamas. Les ministres ont toutefois insisté dès ce lundi sur la nécessité de lutter contre les narratifs russes, qui rencontrent un grand écho dans les pays du Sud, selon lesquels l’UE aurait des standards différents à l’égard des Ukrainiens et des Palestiniens.

Le président Macron en Israël

L’aide humanitaire et une éventuelle trêve devraient aussi faire partie des principaux sujets abordés lors de l’entretien, mardi, entre le Premier ministre israélien et le président français, Emmanuel Macron, lors de son voyage de 24 heures en Israël . Selon l’Elysée, le chef de l’Etat français va aussi plaider pour la « reprise d’un véritable processus de paix » pour la création d’un Etat palestinien, au côté de celui d’Israël. Il va exprimer à Tel-Aviv la « solidarité » de la France avec Israël et les Français d’Israël.

Emmanuel Macron avait annoncé la semaine dernière qu’il comptait se rendre en Israël mais à condition que cela soit utile. L’attaque du Hamas a tué 30 citoyens français, le pire bilan terroriste pour la France depuis 2016, et 7 ressortissants ont été capturés. Le nombre total d’otages a été réévalué à 220 par l’armée israélienne, ce lundi. Le chef de l’Etat français a été précédé, parmi les principaux dirigeants occidentaux, par le chancelier allemand, Olaf Scholz, mardi dernier, le président américain, Joe Biden, mercredi, puis les chefs du gouvernement britannique, Rishi Sunak, jeudi, et italien, Giorgia Meloni, samedi.

Le Hamas affirme que 4.600 civils ont été tués

Selon le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), environ 1,4 million de Gazaouis sont désormais déplacés à l’intérieur de l’enclave et beaucoup d’entre eux cherchent refuge dans des abris d’urgence de l’ONU déjà pris d’assaut. Israël a ordonné aux habitants de Gaza d’évacuer le nord du territoire pour éviter d’être pris dans les combats .

Les autorités sanitaires de Gaza, sous contrôle du Hamas, ont affirmé que près de 4.600 personnes ont été tuées par des raids israéliens depuis le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas qui a fait 1.400 morts civils. Un bilan qui n’a pu être confirmé de source indépendante.

L’armée israélienne toujours l’arme au pied

Parallèlement, même si l’invasion terrestre de la bande de Gaza, présentée comme imminente depuis dix jours, n’a toujours pas commencé, des unités israéliennes sont entrées dans l’enclave palestinienne assiégée pour mener des raids « localisés » dans les zones où se concentre le Hamas et rechercher des otages. Tsahal a dit avoir frappé plus de 320 cibles à Gaza au cours des dernières 24 heures, dont un tunnel abritant des combattants du Hamas et des dizaines de postes de commandement et de surveillance. Selon le Hamas, près de 400 civils ont été tués, le pire bilan quotidien depuis le 7 octobre.

L’aviation israélienne a également frappé le sud du Liban, bastion du Hezbollah, milice chiite soutenue par l’Iran, comme le Hamas, pendant la nuit. Il s’agit des plus graves violences dans ce secteur depuis la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006. Les troupes israéliennes ont aussi combattu des Palestiniens en Cisjordanie occupée, selon des habitants.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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