Problèmes sociaux

Baie-Comeau change de visage la nuit – Le Manic


Chaque année à travers le monde, des milliers de personnes vivent dans les rues, luttant contre l’obscurité, le froid et l’indifférence de la société. Cachée aux yeux de tous, l’itinérance est belle et bien présente à Baie-Comeau malgré ce que beaucoup peuvent croire. 

« Il y a un Baie-Comeau de jour, et il y a un Baie-Comeau de nuit », voici les mots forts qu’emploie Isabelle Huart, travailleuse de rue à Baie-Comeau depuis 15 ans lorsqu’on lui demande s’il y a de l’itinérance dans la ville.

Toujours tabou en région, l’itinérance est belle et bien présente, cachée de nos yeux. « L’itinérance, ça prend plusieurs visages. Donc, en région, souvent l’itinérance est cachée. Elle est tabou, car il y a beaucoup de jugement. Et ces personnes-là, tellement qu’elles se sentent mal, elles se sentent encore plus jugées, alors elles se ramassent à se désaffilier socialement », explique la travailleuse de rue.

« C’est là que ça commence d’aller s’abriter dans le bois, sur le bord de la mer. C’est graduellement et ils se cachent pour la dignité, l’intégrité, le jugement. »

Il y a 15 ans encore, les itinérants étaient envoyés dans les grandes villes comme Québec ou Montréal avec un sac à dos, car aucun moyen n’était dégagé pour la cause des sans-abri à Baie-Comeau. Aujourd’hui, grâce aux actions du comité et de l’organisme communautaire en travail de rue, la Résidence Saint-Joseph a ouvert 9 lits depuis 4 ans, disponibles pour les personnes en situation d’itinérance.

Comme le rappelle Isabelle Huart : « C’est dans le Baie-Comeau de nuit qu’on travaille, qu’on crée nos liens, qu’on s’approche de la pauvreté. On rentre dans le quotidien des personnes et c’est comme ça que, de plus en plus, on a pu voir où ils étaient ». Durant la nuit, les travailleurs de rue sont amenés à rencontrer divers itinérants. Certains en raison de la toxicomanie ou l’alcool, mais également de plus en plus en lien avec les problématiques de logement.

Selon Isabelle Huart, le véritable problème à Baie-Comeau, c’est la pénurie d’appartements abordables. L’augmentation des prix et les nouvelles exigences des propriétaires sont dorénavant un frein pour les personnes les plus fragiles qui émergent de la rue, de son avis.

Ne plus avoir de foyer est l’une des causes qui font vite perdre l’identité des gens qui, de ce fait, se cachent encore plus de la vue des autres. La santé mentale de ces personnes est au plus mal, ce qui les pousse à prendre des béquilles, des échappatoires. « Les béquilles les plus accessibles quand tu es désaffilié de ta communauté, ce sont les drogues. Et plus tu as mal à l’intérieur, plus tu augmentes la consommation », témoigne Mme Huard. 

Briser ces habitudes est un travail difficile qui prend du temps pour les travailleurs de rue et toutes les autres personnes qui œuvrent au quotidien pour aider les itinérants à avoir une vie un petit peu meilleure.

« On dit souvent dans le travail de rue qu’on prend le temps de donner du temps au temps de prendre son temps », conclut Isabelle Huart.

Les bénévoles présents pour vous servir lors de la soirée. Photo Charlotte Vuillemin

Nuit des sans-abri

Pour attirer l’attention sur la réalité tragique qu’est l’itinérance et mobiliser des ressources pour aider les sans domicile fixe, de nombreuses villes organisent La Nuit des sans-abri au Québec. C’est l’occasion de dialoguer avec les sans-abri, d’écouter leurs histoires et mieux comprendre les causes de leurs situations, mais également de briser leur isolement et leur redonner un sentiment d’appartenance.

La Nuit des sans-abri rappelle que la situation des personnes sans domicile fixe ne peut pas être ignorée. La solidarité et l’empathie sont au cœur de ces événements envers les plus vulnérables et encourage à agir et soutenir des solutions durables pour mettre fin à l’itinérance.

Le 20 octobre a eu lieu la 10e édition de la Nuit des sans-abri à Baie-Comeau, rendez-vous incontournable de solidarité pour la communauté.

La Nuit des sans-abri est un événement national, présent dans de nombreuses villes chaque troisième vendredi du mois d’octobre. Comme le démontre son nom, le but est de se rassembler pour montrer notre soutien à la communauté itinérante autour d’un feu, et de discuter de différentes opportunités qui pourraient améliorer la vie des itinérants.





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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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