Éducation

Un célèbre neuroscientifique affirme que le libre arbitre n’existe pas – Trust My Science


Robert Sapolsky, éminent neuroscientifique de
l’Université de Stanford, suggère que tous nos comportements
échappent à notre contrôle conscient et que la notion de « libre
arbitre » n’existe tout simplement pas. Après plus de 40 ans de
recherches sur le sujet, il en est venu à la conclusion que la
totalité de nos choix résulte de l’interaction complexe entre de
nombreux facteurs, tels que nos expériences antérieures ou notre
éducation, ce qui signifierait qu’ils ne découlent pas de notre
volonté consciente.

Bien que la notion de libre arbitre soit encore aujourd’hui un
sujet de débat neuroscientifique et philosophique, il est
généralement admis qu’elle se traduit par le fait d’avoir le
contrôle sur ses choix et ses
décisions
. En d’autres termes, lorsque nos actions et nos
décisions sont volontaires. Cela signifie qu’elles ne devraient pas
être influencées par des facteurs antérieurs ne dépendant pas notre
volonté. Si l’on doit choisir un plat ou un vêtement par exemple,
nous pouvons considérer avoir décidé librement si ce choix n’est
pas immuable. En revanche, nous ne disposons pas de notre libre
arbitre si cette décision est déterminée par des raisons
antérieurement auto-imposées et faisant qu’il s’agit de la seule
alternative possible.

Cependant, il est difficile de prendre des décisions totalement
exemptes d’influence. Or, Sapolsky suggère qu’il ne peut y avoir de
place logique pour le libre arbitre s’il est impossible pour un
individu d’agir sans l’influence de facteurs ne dépendant pas de sa
volonté. Le scientifique — lauréat de la « bourse des génies »
McArthur à 30 ans — a passé plusieurs décennies à décrypter les
fondements neurobiologiques du libre arbitre, en observant les
humains ainsi que d’autres primates. Les résultats de ses
observations, décrits dans son nouveau livre intitulé «
Determined : Life Without Free Will », suggèrent que cette
notion n’existe tout simplement pas.

L’humain : une marionnette déterministe ?

Selon Sapolsky, tous nos choix et décisions sont prédéterminés
non seulement par notre biologie, mais également par notre
environnement physique et psychologique. De simples observations de
phénomènes courants semblent s’accorder avec cette théorie. Nos
décisions, notamment celles impulsives, peuvent par exemple être
influencées par certaines circonstances telles que la faim et les
situations de stress.

D’un autre côté, l’éducation ou l’environnement au sein duquel
on a grandi peuvent aussi jouer un rôle déterminant. Des études ont
antérieurement révélé que les personnes ayant évolué au sein de
foyers instables ou dépourvus d’affection ont tendance à faire des
choix différents de celles ayant bénéficié de meilleurs foyers.

Sapolsky estime que ce principe déterministe s’applique à toutes
les décisions, allant des plus anodines aux plus importantes. Si
nous devons choisir la personne avec laquelle passer le restant de
nos jours par exemple, on peut être influencé par notre culture ou
la sienne, nos expériences passées, nos familles et nos conditions
de vie respectives, etc. D’un autre côté, si on tend la main pour
saisir un simple objet ou choisir par quelle porte entrer, ce choix
serait aussi prédéterminé par un ensemble d’impulsions échappant à
notre contrôle, comme une couleur que l’on a précédemment appris à
apprécier ou la vue d’autres personnes prenant le même chemin
(respectivement).

Un autre exemple pour un élève convoqué pour insubordination au
bureau du principal : on pourrait croire que sa convocation tient
du fait qu’il a ouvertement contesté un supérieur en faisant usage
de son libre arbitre. Cependant, cela pourrait tout simplement
signifier qu’il a grandi au sein d’une famille favorisant
l’individualisme plutôt que le collectivisme, selon l’hypothèse de
Sapolsky. « Le monde est vraiment foutu et rendu bien plus
injuste par le fait que nous récompensons les gens et les punissons
pour des choses sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle
»,
affirme-t-il. « Nous n’avons
pas de libre arbitre. Arrêtez de nous attribuer des choses qui
n’existent pas
», ajoute-t-il.

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L’hypothèse de Sapolsky semble suggérer que nos choix
prédéterminés ne peuvent être changés. Mais le chercheur affirme
que même si tout changement est possible, cela reste une décision
déterministe. Considérons par exemple une personne ayant grandi au
sein d’une famille conservationniste et qui devient plus tard athée
et libérale. Ce revirement proviendrait forcément d’influences
externes telles que l’interaction avec un activiste ou les idées
partagées sur les réseaux sociaux. À l’instar des limaces de mer
apprenant à reculer par réflexe après une décharge électrique, le
comportement humain pourrait aisément être modifié par le biais de
stimuli externes et non contrôlés de manière consciente.

L’hypothèse ne manque cependant pas de susciter la controverse.
Certains chercheurs ayant exploré le sujet expliquent que comme les
activités au niveau des neurones sont extrêmement variées, des
stimuli identiques peuvent entraîner des réponses différentes pour
chaque individu. Même si l’éventail de résultats est relativement
limité, il y aurait trop de variabilité en jeu pour pouvoir
considérer nos comportements comme exclusivement prédéterminés. De
ce fait, il serait logique de considérer les facteurs d’influence
comme étant des paramètres et non des déterminants de
décisions.

En outre, il serait dangereux de penser que le libre arbitre
n’existe pas, car cela pourrait potentiellement exacerber les
souffrances psychologiques dans le monde et détériorer la notion de
responsabilité. « Ceux qui défendent l’idée que nous ne sommes
rien d’autre que des marionnettes biochimiques déterministes sont
responsables de l’aggravation de la souffrance psychologique et du
désespoir dans ce monde
», conclut un neuroscientifique du
Dartmouth College, Peter U. Tse.





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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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