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«Le trône de Louis XIV va sauter»: 8 mois de prison avec sursis … – Le Figaro


Par son appel malveillant, les 800 hectares du domaine du château de Versailles ont dû être évacués jeudi 19 octobre 2023. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

COMPTE RENDU D’AUDIENCE – Un homme de 37 ans, souffrant de schizophrénie et au casier judiciaire vierge, était jugé pour l’un des récents appels malveillant ayant nécessité l’évacuation du château.

«On ne laissera rien passer», avait prévenu le Garde des Sceaux. La semaine dernière, Eric Dupond-Moretti avait promis que «les petits guignols» auteurs de fausses alertes à la bombe seraient «retrouvés» et «punis». Devant le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines) ce lundi, l’un d’eux a été jugé pour l’un des sept canulars dont a été victime le château de Versailles. L’intéressé, souffrant de schizophrénie, a été condamné à 8 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, accompagnés d’une obligation de soin.

«Le trône de Louis XIV va sauter»

Jeudi 19 octobre, Miljan R. a quitté son appartement du 18e arrondissement de Paris pour sa promenade matinale, s’est posé dans un café du quartier puis est rentré chez lui. Il a alors allumé le poste de télévision, zappé sur les chaînes d’information en continu et entendu journalistes et présentateurs ressasser en boucle les fausses alertes à la bombe au château de Versailles. Âgé de 37 ans, il est schizophrène à tendance paranoïaque et ce matin-là, il n’avait pas pris son traitement. Alors Miljan R. s’est dit : pourquoi pas moi ? À 12h58, il compose le 17 puis avertit que «le trône de Louis XIV va sauter. À plus. Faites évacuer.» A une vingtaine de kilomètres, une lourde mécanique se met aussitôt en place. Pour la 4e fois en moins d’une semaine, des milliers de visiteurs sont évacués, ballottés entre inquiétude et exaspération. Ils laissent place aux équipes de déminages, accompagnées de chiens spécialisés dans la détection d’explosifs qui ratissent les 800 hectares du parc.

Après deux heures de vérification, le dispositif est levé, sans résultat. Aucune bombe, sinon celle créée par l’imagination de Miljan, ne se cache sous le fauteuil du Roi-Soleil. Ayant contacté la police avec une ligne téléphonique au nom de son père, l’intéressé est rapidement identifié et placé en garde à vue le lendemain. Face aux enquêteurs, il reconnaît être «à l’origine de l’événement. J’ai d’abord été fier de moi et j’ai très rapidement regretté ce que j’ai fait.» Chancelant pour atteindre la barre, l’homme à l’allure juvénile reconnaît en bredouillant qu’«il n’y a pas de quoi en être fier». «Est-ce que vous êtes conscient du malaise que vous provoquez au château de Versailles ?», «C’est vraiment drôle de faire des alertes à la bombe ? », demande le président, médusé.

«Accessible médiocrement à la sanction pénale»

Miljan R., qui n’a jamais eu affaire à la justice, ne semble pas prendre conscience du tohu-bohu créé par son canular. Aurait-il pu ? Son taux d’incapacité lié à sa schizophrénie se situe entre 50 et 79%. Il a déjà été hospitalisé à plusieurs reprises en psychiatrie, dont un dernier séjour en 2022. L’expert psychiatre qui l’a examiné reconnaît une grande «immaturité» et un «retard mental». Son père, ce vieux monsieur au dos voûté intimidé par les lieux qui patiente sur les bancs du public, a expliqué qu’il arrivait à son fils «de raconter n’importe quoi. Appeler le commissariat pour dire qu’il avait perdu son père. Raconter qu’il avait parlé à Nicolas Sarkozy.» De fait de s’interroger sur l’intérêt de sa présence devant ce tribunal aujourd’hui. Dans des conclusions pour le moins illisibles, la psychiatre a jugé que le prévenu était «accessible médiocrement à la sanction pénale». «Il est possible de juger ses actes en prenant compte de son retard cognitif», ajoute-t-on, estimant que son discernement était altéré, non aboli.

Miljan R. est le seul auteur de fausses alertes à la bombe au château de Versailles qui a pour l’instant était identifié par les autorités. Me Cyrille Mayoux, représentant l’institution, rappelle que ces 38 secondes de blague de mauvais goût constituent un «surpoids de travail considérable» et un préjudice «financier et d’image» qu’il est «impossible de chiffrer dans l’immédiat», mais dépasserait les 100.000 euros de perte. «C’est extrêmement regrettable. Il suffit de quelques secondes pour qu’un comportement ait des conséquences extrêmement importantes», abonde à son tour le procureur.

Le magistrat n’hésite pas à fustiger un «jeu malsain» de la part d’un homme qui «profiterait d’un contexte extrêmement tendu», citant l’attentat d’Arras et le conflit entre le Hamas et Israël. Comme si ces problématiques étaient totalement intégrées par l’intéressé. Et de réclamer, dans des réquisitions disproportionnées, un an de prison, dont six mois avec sursis. En milieu d’après-midi, Miljan R. a finalement été condamné à 8 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, accompagnés d’une obligation de soin et d’indemnisation de la victimes. «La justice des hommes, elle juge quelqu’un qui est malade mais elle n’envoie pas en prison n’importe qui. (…) Il y a un vrai sujet psychiatrique. Tout le monde l’a vu, mais ça n’a semblé poser de problème à personne», avait déploré dans une plaidoirie notable son avocate Me Mandine Blondin.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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