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“À quand l’intégration de l’éthique animale dans les programmes … – Marianne


Fascinés par les animaux de la forêt, intrigués par les animaux des fonds marins, enchantés par les animaux partageant leur maison, les enfants s’intéressent aux animaux et expriment naturellement de l’empathie à leur égard. Cette capacité à s’identifier à eux est à la fois bénéfique pour les animaux – faire preuve de sensibilité à leur égard ne pourra que contribuer à réduire les grandes et innombrables souffrances par lesquelles ils sont affectés – et pour les humains.

Enseigner l’éthique animale à l’école pour apaiser les relations entre les humains

Le lien entre les violences exercées à l’encontre des animaux et celles exercées à l’encontre des humains vulnérables, notamment les enfants, a été largement observé. Une étude de 2020 met en évidence une propension chez les auteurs de harcèlement scolaire à également maltraiter les animaux, témoignant de l’absence de frontière hermétique entre les différentes formes de violences. Plus encore, le développement de liens positifs avec les animaux est associé à une plus grande empathie envers les humains, faculté à développer dès l’enfance pour bâtir une société apaisée. Plusieurs études suggèrent également qu’intégrer les animaux dans le cercle moral conduirait à exprimer davantage de considération morale pour les groupes humains marginalisés. Apprendre à respecter les animaux, c’est aussi apprendre à respecter les humains. C’est pourquoi il est urgent de développer chez les enfants l’empathie envers nos cousins à poils, à plumes ou à écailles.

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Modifier les programmes scolaires pour pallier les lacunes de la loi dite « maltraitance animale »

La France présente un grand retard sur la question. Nos programmes scolaires sont bien pauvres en la matière, et quand les animaux sont abordés, comme en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), c’est sous le seul prisme de l’espèce, de son évolution, de ses caractéristiques génétiques et biologiques, mais jamais sous l’angle de l’individu, de ses désirs, de ses émotions. Notre enseignement nous conditionne à percevoir les animaux non pas comme des êtres capables de vivre des expériences de façon subjective, mais comme une masse uniforme, l’espèce, dans laquelle s’effacent les individualités. La loi du 16 février 2015 ayant introduit dans le Code civil français la reconnaissance des animaux comme des êtres sensibles devrait pourtant servir de base solide et légitime à l’intégration de leur étude, en tant que tels, dans les programmes scolaires.

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Notons néanmoins une récente avancée, en 2021, avec la promulgation de la loi dite « maltraitance animale », qui a introduit l’article 312-15 dans le Code de l’éducation : « L’enseignement moral et civique sensibilise également, à l’école primaire, au collège et au lycée, les élèves au respect des animaux de compagnie. Il présente les animaux de compagnie comme sensibles et contribue à prévenir tout acte de maltraitance animale ». Une avancée néanmoins trop timide, car cette loi ne concerne que les animaux de compagnie, alors que les vaches et les renards sont tout aussi doués de sensibilité que les chiens et les chats ; car elle se limite au programme d’un unique enseignement, celui de l’enseignement moral et civique (EMC), alors que de nombreuses autres disciplines permettraient d’aborder l’empathie envers les animaux ; et enfin, car cette loi n’existe que sur le papier, aucune communication n’ayant été faite sur le sujet, les professeurs ne sont par conséquent pas suffisamment informés.

Un enseignement permettant d’enrichir de nombreuses matières

Un tel projet ferait de la France un pays à l’avant-garde de cette question. Il convient en premier lieu de cesser d’enseigner aux enfants une vision des animaux uniquement biologique, mais de les faire étudier comme des individus, au travers de l’étendue de leurs capacités cognitives et émotionnelles. De la même façon, les grandes découvertes de ces dernières années en éthologie, science étudiant les comportements des animaux dans leur milieu naturel, permettraient d’approfondir de manière substantielle les enseignements en SVT ; mais ce n’est pas tout, les programmes d’histoire doivent aussi transmettre la mémoire des animaux sacrifiés lors des guerres : ce sont, par exemple, des millions de chevaux qui ont été utilisés et ont perdu la vie durant les Première et Seconde Guerres mondiales. Les enseignements de philosophie, quant à eux, doivent être repensés en profondeur et cesser d’utiliser des concepts archaïques opposant l’humain à l’animal, qui sont formellement démentis par les connaissances scientifiques modernes. Les programmes de littérature et de français doivent se pencher sur les rôles cruciaux et révélateurs donnés aux animaux dans les romans par leurs auteurs.

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Le développement de l’empathie dès l’école ne peut qu’être bénéfique, pour les animaux, les enfants et les adultes, et conduire à une société moins violente envers tous les individus. C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, de saisir le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) afin de concrétiser une réelle intégration multidisciplinaire de la question animale dans les programmes scolaires, et son application.

Cet objectif nous semble à la fois souhaitable et atteignable, afin que soit enfin appris aux enfants ce que sont réellement les animaux : des individus doués de sensibilité.

Liste des signataires :

Marion Adam

Dominic Hofbauer

Charlotte Maignan

Jean-Marc Benkemoun

Emilie Dardenne

Marie-Bénédicte Desvallons

Martin Gibert

Claire Holvoet

Corine Pelluchon

Benedetta Piazzesi

Aloïse Quesne

Anna C. Zielinska

Campus animaliste



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Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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