Problèmes sociaux

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Sommes-nous en train de vivre au Sénégal l’ « Afrofascisme » dans sa version « Mackiste » ? Nous avons le regret de constater, non sans amertume, que notre pays n’est plus cette vitrine de la démocratie en Afrique de l’Ouest. Les emprisonnements arbitraires sont devenus monnaie courante et les interdictions des marches pacifiques constituent la règle. L’Etat de droit laisse-t-il la place à l’ « Etat de terreur » ? Qu’il nous soit permis d’emprunter l’expressio de l’intellectuel engagé, Emile Zola , « J’accuse » pour évoquer la situation alarmante qui prévaut dans notre pays.
J’accuse ce régime qui fait régner la peur en emprisonnant à tout va.
J’accuse ce régime qui a fini par ligoter dame justice.
J’accuse ce régime qui a bâillonné la presse en emprisonnant tous les journalistes critiques.
J’accuse ce régime qui laisse sa jeunesse dans le désarroi total au point que cette dernière tente l’aventure dans des pays plus prospères, bravant, au prix de leur vie, les affres de l’Atlantique. 
J’accuse ce régime qui légitime les théories aussi pernicieuses que dangereuses selon lesquelles le blanc est au-dessus du noir. Sinon qu’est-ce qui expliquerait la libération de l’avocat franco-espagnol au moment où des Sénégalais sont en prison pour les mêmes délits?
Juan est venu, il nous a nargués et il est reparti. 

J’accuse ce régime qui, au lieu d’œuvrer pour le bien-être de la population, se distingue dans des manœuvres maquiaveliques pour la liquidation d’adversaires politiques. Le cas de l’opposant Ousmane Sonko en est une parfaite illustration, lui dont le seul péché mignon aura été une popularité précoce et le malheur de cristalliser l’espoir de millions de jeunes Sénégalais. Jamais dans histoire politique de notre jeune nation un homme politique n’a été persécuté de cette façon-là, violenté, gazé et séquestré sans aucune base légale, faisant subir à sa famille une violence aussi bien physique que morale. Rien d’étonnant que son fils ait échoué au baccalauréat. 

J’accuse ce régime qui se détourne de plus en plus de sa mission régalienne. 
J’accuse cette presse qui, toute honte bue, fait la politique de l’autruche au moment où la situation du pays semble être très préoccupante.
J’accuse cette presse, qui, au lieu de participer à l’émergence d’une conscience citoyenne, semble s’épancher sur des faits divers. 
J’accuse tous ces journalistes qui ont fini par s’empêtrer dans un journalisme de commande et par la même occasion oublient leur fonction de critique et de contrôle vis-à-vis des acteurs publics.

Mais, fort heureusement, dans cette masse décevante de professionnels de l’information, il y en a quelques-uns encore qui font preuve de résistance. C’est le lieu de rendre hommage à un vaillant journaliste, Pape Ale Niang, qui, comme un dernier rempart de la démocratie, préfère garder sa dignité alors qu’il aurait pu avoir une vie de roitelet en acceptant de déjeuner à la table du prince. Malgré les nombreuses arrestations dont il a fait l’objet, il reste fidèle à ses principes au prix de sa propre vie. Autrement dit, il a renoncé à son bonheur personnel au profit de celui de ses concitoyens. Ses sacrifices révèlent l’expression d’un journaliste engagé et combatif.

À côté de Pape Ale, on peut citer certains noms comme Serigne Saliou Guèye, Pa Assane Seck, Mame Birame Wathie et Pape Ndiaye. Ce dernier croupit toujours en prison. Le travail que ces journalistes accomplissent au quotidien à côté du peuple est à saluer à sa juste valeur.
J’accuse tous ces intellectuels qui s’emmurent dans un silence assourdissant face au chaos qui règne dans notre pays. 

J’accuse tous ces intellectuels qui se taisent face aux remplissages de nos prisons de détenus politiques. 
J’accuse tous ces intellectuels qui restent aphones face à l’explosion du chômage et la crise des institutions démocratiques. 

Il serait peut-être utile de rappeler qu’un intellectuel a un rôle social, il doit être engagé avec son peuple et pour le peuple. On pourra citer, par exemple, le cas de Zola dans «J’accuse », un article qui a provoqué une succession de crises politico-sociales sans précédent en France. On pourrait, dans le même élan, citer des exemples de figures intellectuelles, en l’occurrence Sartre pour sa prise de position dans les guerres de libération coloniale ainsi que son influence sur les événements de Mai 68. En Afrique on peut citer les cas de Seydou Bodian et de Mongo Beti qui ont tous les deux eu des problèmes avec leur état du fait de leur engagement aux côtés du peuple. Le premier a fait la prison et le deuxième a dû s’exiler pendant plusieurs années. 

Pour Joseph Kizerbo : « L’intellectuel, c’est celui-là qui est plongé dans sa société, immergé dans la mondialisation et qui est au premier rang en matière de responsabilité citoyenne ». Nous y ajoutons que l’intellectuel doit avoir un sens élevé de la responsabilité et doit être engagé dans toutes les luttes contre les diverses formes d’injustice sociale, politique et économique. Sur ce, nous saluons l’engagement de trois intellectuels de renom, Mbougar Sarr, Felwine Sarr et Boubacar Boris Diop qui ont eu le courage, malgré la « Culture de la peur » instaurée par ce régime, de s’insurger contre cette dérive autoritaire que vit notre pays depuis quelques années. 

J’accuse cette classe politique mesquine et sournoise qui ne pense qu’à ses intérêts personnels au mépris des aspirations du peuple.

J’accuse cette classe politique qui, par sa combine cousue de fil blanc avec le régime en place, s’aliène les bonnes grâces des Sénégalais qui avaient confiance en eux dans un passé récent.
Qui disait que la politique est un océan ou s’entassent des requins de toutes sortes ? L’hypocrisie et la traitrise ont plus que duré dans ce pays. Feu Djibo Ka avait raison quand il disait que la politique n’est faite que de trahison. Ressaisissez-vous, chers hommes politiques. Faire la politique autrement est bien possible. Le Sénégal vous regarde et l’histoire vous jugera. Comme disait le chanteur jamaïcain, Bob Marley : « In this great future, you can’t forget your past »

J’accuse ce peuple qui n’ose pas dire non et semble se plaire dans cette situation dramatique.
J’accuse ce peuple qui semble accepter un funeste destin. 

La vie exige de l’énergie et bannit l’inertie ; loin de gémir il convient d’agir, pour paraphraser feu Oumar Sankhare. Il nous plaira aussi de rappeler les paroles de Fanon pour qui, au tribunal de l’histoire, on ne nous demandera pas si nous avons les mains propres, mais bien ce que nous avons pu faire de nos mains dans l’avènement d’un monde meilleur. Nous ne demandons pas à ce peuple de verser dans la violence, car détruire notre bien commun ne sera que préjudiciable pour nous-mêmes et pour les générations futures. Il nous sied tout de même de dénoncer l’injustice, les arrestations arbitraires et les dérives autoritaires par toutes les voies autorisées par notre constitution.

Osons dénoncer les injustices du gouvernement du président Macky Sall. Levons-nous comme un seul homme et disons non. Basta ! Le Sénégal ne mérite pas ce qu’il est en train de vivre.

Dr Abdoulaye Gueye

 



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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