Organisations internationales

Fukushima : le gouvernement entretient le flou sur la date du rejet … – La Croix


Le premier ministre japonais Fumio Kishida est réputé de nature prudente. Et encore plus lorsqu’il s’agit de la centrale nucléaire de Fukushima dont l’accident de 2011 traumatise toujours les esprits dans l’archipel. À peine rentré de son voyage express de deux jours aux États-Unis, il s’est rendu dimanche 20 août sur le site de la centrale, à 260 kilomètres au nord de Tokyo. Beaucoup s’attendaient à ce qu’il annonce à cette occasion la date précise du rejet des eaux traitées de la centrale dans l’océan Pacifique. Mais il a préféré repousser cette annonce.

1,3 million de tonnes d’eau de la centrale à rejeter

Depuis plusieurs semaines, les médias locaux japonais avaient annoncé que le déversement de ces eaux issues de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires entrés en fusion devrait commencer dès la fin août. Tokyo prévoit de rejeter dans l’océan Pacifique, au cours des prochaines décennies, quelque 1,33 million de tonnes d’eau de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi (nord-est du pays), ravagée par la triple catastrophe (séisme, tsunami et accident nucléaire) de mars 2011. Un processus d’autant plus sensible que jamais une telle opération n’a été faite dans toute l’histoire du nucléaire mondial.

Au cours d’une conférence de presse, le premier ministre a expliqué qu’il allait d’abord rencontrer les représentants locaux de l’industrie de la pêche, dont l’activité est sévèrement menacée par ce projet, car il inquiète non seulement les consommateurs japonais mais également les pays voisins (Corée du Sud, Chine et pays du Pacifique). La Chine a notamment interdit certaines importations de denrées alimentaires et soumis à de stricts contrôles d’autres produits comme les légumes et les fruits de mer. Le gouvernement sud-coréen s’est dit pour sa part rassuré par les enquêtes scientifiques menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La grande inquiétude des pêcheurs

« Je dois à ce stade m’abstenir de tout commentaire sur le timing concret du rejet dans l’océan, étant donné que la décision doit être prise après que le gouvernement dans son ensemble aura examiné les mesures relatives à la sécurité et à l’atteinte à la réputation (de l’industrie de la pêche) », a déclaré le premier ministre, ajoutant qu’il espérait rencontrer les pêcheurs « dès demain (ce lundi) ». Sévèrement affectées par la catastrophe nucléaire depuis 2011, les coopératives de pêcheurs sont opposées au rejet des eaux – dont la quantité équivaut à 500 piscines olympiques, estimant qu’il nuira à l’image de leurs produits dont ils tentent de redorer le blason depuis la catastrophe.

En juillet, le projet a néanmoins franchi le dernier obstacle réglementaire en obtenant l’aval de l’organe de surveillance nucléaire des Nations unies (AIEA). L’opérateur de la centrale, Tepco, assure que les particules radioactives dangereuses ont été filtrées et que le déversement est sûr. Le rejet, d’un maximum de 500 000 litres par jour, et qui durera entre vingt et trente ans si tout se passe bien, n’est qu’une étape dans le nettoyage complet de la centrale accidentée. Il restera à retirer les débris radioactifs et carburants nucléaires des trois réacteurs entrés en fusion. Les deux tâches les plus dangereuses.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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