Organisations internationales

Festival international de la chanson de Granby 2023 (55ème édition … – Froggy’s Delight


Granby est une ville située au Québec, plus exactement en Estrie, dans la région touristique des Cantons-de-l’Est.

Après une matinée à la découverte du lac Boivin, parc ouvert et aménagé où on croise quelques animaux (j’ai vu un chevreuil), il est temps de rejoindre le CEGEP de Granby où se déroulent les “vitrines”. Le festival de la chanson de Granby, au-delà des spectacles qui y sont présentés, est aussi un rendez-vous des professionnels de la diffusion de la chanson francophone (directeurs de salles, directeurs de festivals, tourneurs, bookeurs…).

Des artistes, émergents ou plus expérimentés, viennent donc présenter un extrait de leur nouveau spectacle dans l’espoir de convaincre un public de professionnels venus de l’ensemble des provinces du Canada, et pas uniquement du Québec, et d’Europe (France, Belgique et Suisse) de les programmer durant la saison à venir. Il y a même, pour cette 55ème édition du festival, une délégation du Togo qui a fait le déplacement. Les artistes disposent de 25 à 30 minutes pour développer leur univers et séduire les professionnels en face d’eux.

La première à se présenter devant ce public réputé difficile est la Française Leïla Huissoud. Bien qu’elle ait participé à The Voice et a déjà remporté le prix du public au prix Moustaki en 2019 et fut Coup de Coeur de l’Académie Charles Cros, c’est pour moi une découvre.

Après une première chanson en spoken word qui raconte une petite tranche de vie d’une jeune femme déjà bien intégrée dans le milieu culturel qui ne me convainc pas vraiment, elle enchaîne avec des chansons pop douces-amères tout en douceur. Sa voix légèrement voilée participe beaucoup du charme de sa prestation. Accompagnée d’un guitariste, en formule légère, son nouveau spectacle, intitulé La Maladresse, a de fortes chances de trouver son public.

Petits frissons d’excitation dans le public avant le passage de Thierry Larose, la nouvelle coqueluche du rock québécois. Ses chansons sont très marquées par le son pop-rock américain des années 1970 à 2000.

En full band, avec Lou-Adriane Cassidy en claviériste-choriste de luxe, une bonne énergie se dégage du groupe. Son nouvel album s’appelle Sprint et s’adresse à un public plutôt jeune, avec un format de chansons bien cadré pour des diffusions radio.

Son physique de grand gaillard beau gosse ne doit pas nuire à son succès actuel. Culturellement, dans ce style musical, la France a toujours préféré ses imitateurs hexagonaux à la version originale américaine.

Pour faire simple, parmi les chansons présentées, on préfèrera les ballades, plus dans un esprit Eagles, que le rock FM héritier de Journey.

L’Isle, est le nouveau projet d’Ariane Brunet, qui a déjà sorti trois albums sous son nom. Le virage pop dance électro qu’elle opère lui convient parfaitement.

Elle est accompagnée d’un bassiste qui s’occupe aussi des machines, ce qui lui offre une grande liberté en devant de scène, bien qu’elle effectue aussi quelques lignes au clavier.

Ce nouveau projet au goût acidulé est séduisant, et on la sent tout à fait à l’aise devant le public. Petit coup de cœur pour “Tes 20 dollars“.

On avait croisé le chemin d’Alphonse Bisaillon à Paris. Pour le coup, c’était au Forum Léo Ferré, en plateau avec Geneviève Morissette, en formule acoustique. Malgré des dinosaures en plastique sur son clavier et une chemise à imprimés dinosaures, son son ne date pas du paléolithique.

Ce qui séduit d’abord, c’est son travail sur les textes, les assonances, les allitérations… Après une première chanson sous forme de tango, il enchaîne avec un texte plein d’humour, une réponse gentiment vacharde à Lynda Lemay qui a écrit une chanson intitulée “Alphonse“. Il rebaptise cette chanson, bien évidemment, “Lynda“.

Très cool, il n’est pourtant pas qu’un amuseur comme le prouve sa chanson “Blouse blanche“. J’avais été séduit lorsque je l’avais découvert à Paris où, durant environ deux mois, il a écumé les bars concerts et les petites salles, histoire de tâter le terrain. Sur ses terres, le charme opère aussi.

Violett Pi est le régional de l’étape puisque né à Granby. Il est aussi passé en tant que candidat du concours de la chanson, il y a 15 ans de cela. Difficile de définir son style qui oscille entre rap, hardcore, chanson à texte, krautrock. Parmi les inclassables, on pourrait le ranger aux côtés de Stupeflip… mais dans un autre style.

Visuellement habillé tout de noir, le visage caché derrière des lunettes, une barbe imposante et une casquette sur la tête, il cultive son personnage déjanté. La déstructuration des chansons, les changements de rythme et de styles au sein d’un même morceau, les montées en puissance sonore, transforment son spectacle en une expérience fiévreuse pour les spectateurs. Au Québec, Violett Pi est une valeur sûre de la scène indépendante et on espère qu’il trouvera son public en Europe.

A l’issue de ces spectacles, la seconde demi-finale du concours de la chanson se déroule au Palace, la grande salle du centre-ville de Granby. A ce concours, lors des éditions précédentes, ont déjà été primés des artistes tels que Jean Leloup, Émile Bilodeau, Lisa LeBlanc, Alex Nevsky, Karim Ouellet, Dédé Fortin, Lynda Lemay, Klô Pelgag, Geneviève Morissette, Luc de la Rochellière, Isabelle Boulay, Safia Nolin ou même Pierre Lapointe.

Puisque je ne vais pas assister à l’ensemble des quatre demi-finales, je partage avec vous ici mes préférences pour trois des candidats de la soirée : Karolan Boily dans le style folk, Passion Poire, de la disco avec de l’humour, une excellente voix, et une forte présence en scène, dans le style de Lizzo, et enfin Brigitte Jardin, une cowgirl du Yukon qui fait de la country en français. Les autres candidats étaient le rappeur KJT, la sensuelle Lisa Riendeau et le rockeur Olivier Faubert. Tous étaient accompagnés par le même backing band, dont l’expérience et le professionnalisme est absolument époustouflant.

Cette première journée au FICG promet une édition de très haute qualité.





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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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