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Mondial de foot : les finalistes espagnoles et anglaises entre duel … – Libération


Coupe du monde féminine de football 2023dossier

A l’issue d’une finale qui s’annonce spectaculaire ce dimanche, les joueuses promettent déjà de reprendre les âpres négociations avec leurs instances de foot nationales, réticentes à répondre à leurs exigences sportives et salariales.

Elles auraient voulu que le vent du changement traverse les Pyrénées. En février, Corinne Diacre est évincée de son poste de sélectionneuse des Bleues, après des années de polémique sur son management jugé brutal par certaines joueuses. Illico, leurs coreligionnaires espagnoles attendaient que leur fédération de football s’en inspire, en débarquant le sélectionneur Jorge Vilda, en poste depuis 2015 sans réussir à offrir à l’équipe, parmi l’une des meilleures au monde, le moindre trophée. Tout du moins espéraient-elles un geste. En septembre, quinze joueuses renonçaient à porter le maillot de la Roja pour dénoncer une gestion affectant «[leur] état émotionnel et donc [leur] santé». Depuis, nada. Sur les quinze mutines, seules trois (Aitana Bonmatí, Mariona Caldentey et Ona Batlle) participent à la Coupe du monde de football en Australie et en Nouvelle-Zélande, dont la finale les oppose aux Anglaises ce dimanche 20 août à midi, heure de Paris.

De l’autre côté de la Manche, la fronde ne vise pas la sélectionneuse des Lionesses, la Néerlandaise Sarina Wiegman, ovationnée pour avoir porté (c’est une première, hommes et femmes confondus) deux équipes en finale de Coupe du monde (les Pays-Bas en 2019, désormais les Anglaises), et pour avoir amené ces dernières à remporter l’Euro 2022 à domicile. Les revendications des Anglaises, comme nombre de sélections féminines à travers le monde, sont pécuniaires (hausse des primes, accords sur leurs sponsors, investissements dans les infrastructures et les équipements…), mais elles ne traduisent pas une volonté de ramasser gros. Dans le foot pro pratiqué par les femmes, il est surtout question de considération des joueuses et de volonté de pousser plus loin leur professionnalisation.

La bataille n’est pas finie

C’est ici que se rejoignent le combat des Espagnoles et celui des Anglaises. Tout comme dans la façon dont leurs initiatives respectives ont été reçues. «C‘est si grave qu’elles ont dépassé une certaine limite», taclait la fédération espagnole en septembre, de concert avec le secrétaire d’Etat aux Sports d’alors, qui jugeait «honteux» l’action des joueuses, quand le grand quotidien de sport Marca titrait sur leur «chantage inacceptable» (peu étonnant, quand le journal est acquis au milieu du foot madrilène, dont est proche le sélectionneur Jorge Vilda). Les Anglaises, elles, se sont fendues d’un communiqué le 18 juillet, à deux jours de l’ouverture du Mondial, dans lequel elles se disaient «déçues» de la stérilité des négociations avec leur fédération, avant d’assurer leur «ferme intention» de les reprendre «après la compétition».

La bataille n’est pas finie. Le Mondial 2023 a sûrement, plus que toute autre édition, mis en lumière la lutte des joueuses contre les déficits structurels de leur pratique professionnelle. Ainsi des Nigérianes, en grève avant la compétition pour exiger que leurs primes soient assurées par contrat, ou encore des Jamaïcaines, qui avaient bousculé l’équipe de France en phase de poule (0-0), poussées à lancer un financement participatif pour assurer leur préparation et leur voyage en Océanie. L’extra-sportif, tant il conditionne la vie et les conditions de travail des joueuses (selon le syndicat mondial du foot Fifpro, 66 % des footballeuses ont dû poser un congé pour participer au Mondial) prend ainsi une place considérable.

Pourtant, ce Mondial aura aussi été sans conteste, d’un point de vue sportif, le plus beau jamais organisé. L’immense internationale néerlandaise Vivianne Miedema résume bien son ambivalence : «la finale entre l’Angleterre et l’Espagne s’annonce passionnante, même si [elle] est légèrement assombrie par l’absence de certaines des meilleures joueuses du monde», telles les Barcelonaises Mapi León ou Patri Guijarro, restées fidèles à leur boycott. La finale sera bien «passionnante», tant les deux qualifiées ont déployé, chacune avec leur style, des performances techniques et un spectacle de haute volée. De même, des sélections moins attendues ont brillé sur la scène mondiale : le Maroc hissé en huitième de finale aux dépens de l’Allemagne qui lui avait infligé un cinglant 6-0 en ouverture des poules, la Colombie arrivée en quarts de finale, portée par la stupéfiante attaquante de 18 ans Linda Caicedo, le Nigeria et sa superstar Asisat Oshoala passés tout près d’éliminer les finalistes anglaises…

Le succès populaire a suivi

Cette année, exit les matchs déséquilibrés jusqu’au malaise (tel le cruel 13-0 des Américaines contre la Thaïlande en 2019), la domination trop attendue de nations sabrant tout suspense. Les favorites canadiennes (championnes olympiques en titre), brésiliennes et allemandes sont sorties en phase de poule, quand les Etats-Unis se sont effondrés dès les huitièmes de finale. Le spectacle a été captivant, le succès populaire a suivi : record du nombre de tickets vendus pour une Coupe du monde féminine (1,8 million de places), un événement déjà rentable pour la Fifa (520 millions d’euros de recettes), des audiences réussies (69 % de part d’audience en France, soit 5,7 millions de personnes devant leur écran samedi 12 août au matin, pour le quart de finale des Bleues) et sur place, une ambiance de feu attisée par des Australiens soutenant en masse leurs Matildas. Rien, dans cette édition australe n’était couru d’avance. Il n’y a rien à perdre à affirmer que la finale de ce dimanche entre l’Espagne et l’Angleterre ne dérogera pas à la règle.





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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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