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Des vaches “génétiquement modifiées” pour émettre moins de … – Ça m’intéresse


Un gène présent dans l’ADN des vaches leur ferait naturellement produire plus ou moins de méthane, selon un laboratoire, qui vend du sperme de taureau “écologique” génétiquement modifié, qui permettrait d’élever sélectivement des veaux qui rotent moins…

L’élevage bovin, qu’il existe pour la viande ou le lait, a un impact particulièrement nocif sur l’environnement. Et ce, pour un tas de raisons : la consommation d’eau monstre qui sert à faire pousser les céréales qui alimentent ces animaux, l’occupation des terres par l’agriculture industrielle, mais aussi et surtout à cause des émissions de gaz à effet de serre qu’il produit. Comme l’humanité ne se dirige pas vers une diminution de la production de viande et de lait à l’échelle mondiale, elle cherche de nouvelles solutions technologiques pour tenter de limiter son impact sur la planète. Des scientifiques ont identifié une particularité génétique chez une espèce laitière “respectueuse de l’environnement”, qui rote moins, et donc émet moins de méthane.

Un gène qui “pourrait réduire jusqu’à 30 %” des émissions de méthane du cheptel laitier du pays d’ici 2050

Un laboratoire a en effet mis au point du sperme de taureau modifié afin de faire naître des veaux avec un caractère génétique spécifique, qui serait à l’origine d’une moindre émission du gaz à effet de serre. L’élevage représente 14,5 % des émissions mondiales, et le méthane libéré par la digestion des bœufs est une importante partie du problème. D’ores et déjà, un premier agriculteur canadien vient d’inséminer artificiellement 107 vaches laitières de son cheptel avec cette semence génétiquement modifiée, rapporte Reuters. Semex, la société à l’origine de cette innovation, a déclaré que si les éleveurs adoptaient sa solution, les émissions de méthane de l’élevage bovin laitier du Canada pourraient diminuer d’1,5 % par an, et jusqu’à 20 % à 30 % d’ici 2050.

La société a commencé au printemps à commercialiser la semence “eco-friendly” dans 80 pays : de premiers éleveurs se sont lancés en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Slovaquie, selon Semex. L’impact sur les émissions, il est vrai, pourrait être massif, même si certains professionnels du secteur ne sont pas convaincus, craignant des problèmes de digestion (car c’est bien les micro-organismes qui s’attaquent aux fibres dans l’estomac de la vache qui produisent le méthane). Le gouvernement canadien n’a pas encore évalué la promesse de réduction des émissions de méthane par des rots, et ainsi confirmer l’efficience du “gène méthane”.

Une semence modifiée peu coûteuse

Semex se base sur une étude scientifique ayant duré sept ans, qui a analysé les émissions de vaches Holstein (60 % de la filière laitière du pays) de 6 000 fermes, et montré qu’une même espèce pouvait produire une large fourchette de 250 à 750 grammes de méthane par jour. Des scientifiques, financés aussi par l’agence canadienne de contrôle laitier Lactanet, ont ensuite étudié les particularités génétiques d’une dizaine de ces différentes vaches, et isolé le caractère qui les intéressait, tout en vérifiant que ces vaches produisaient aussi un lait de qualité. Les résultats sont publiés dans le Journal of Dairy Science. Selon eux, les vaches qui rotent moins possèdent un microbiote différent et sont plus petites. Leurs résultats seraient “facilement” transposable sur une espèce élevée pour la viande, expliquent-t-ils dans un communiqué.

C’est les végétaux digérés par les vaches qui provoquent le rot et la libération de méthane dans l’atmosphère Joachim Süß / Unsplash

Les autres solutions pour limiter les émissions de méthane de l’élevage sont plus onéreuses : compléments alimentaires pour bétail, méthaniseur… Pour le moment, le sperme de taureau modifié n’est pas plus cher qu’un autre. Ce qui fait dire à Ben Loewith, l’éleveur de l’Ontario interrogé par l’agence de presse, qu’il s’agit d’une solution “simple et peu coûteuse”. “L’élevage sélectif pour réduire les émissions, tant que nous ne sacrifions pas d’autres traits, semble être une victoire facile”, estime-t-il. Ses futurs veaux naîtront en 2023…

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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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