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Championnats du monde d’athlétisme de Budapest – Pourquoi les … – Eurosport FR


La Kényane Faith Kipyegon se souviendra toute sa vie du meeting de Paris 2023. De ce 5000 mètres entamé à la nuit tombante, bouclé en 14 minutes, 5 secondes et 20 centièmes. De ce duel féroce avec l’Ethiopienne Letensebet Gidey, qui l’a poussée à bout dans un dernier tour délirant sous les encouragements de la foule présente ce soir-là au stade Charléty. Record du monde du 5000 mètres féminin battu à l’arrivée ; il était détenu jusqu’ici par… Letensebet Gidey, depuis 2020.

Une heure plus tard, ce fut au tour de l’Ethiopien Lamecha Girma d’embraser l’enceinte du sud parisien sur 3000 mètres steeple, et de signer une nouvelle performance record en 7’52”11. Deux records du monde effacés en une soirée, sans compter la meilleure performance de l’histoire de Jakob Ingebrigtsen sur 2 miles, pas retenue comme un record du monde en tant que tel puisque la distance n’est pas une distance officielle. Kipyegon, Girma, Ingebrigtsen : les trois seront présents à Budapest, avec l’ambition de glaner un, voire deux titres mondiaux. Hugo Hay, aligné sur 5000 mètres à Budapest avec l’équipe de France, l’assure cependant : “À part sur 1500 mètres, je ne pense pas que les records tomberont cette semaine.

Les courses de Championnats, ces courses à part

Il convient de rappeler l’adage cher aux courses de fond : on ne court pas en championnat comme on court en meeting. “Par définition, les courses de championnats ne sont pas des courses rapides“, pose Hay, qui espère entrer en finale en Hongrie. Dans les grands rendez-vous, l’objectif n’est plus de faire le meilleur temps possible, mais de gagner. Et sur piste quand la distance s’allonge, la nuance s’agrandit. La stratégie de course reste une donnée de course à part entière, une variable avec laquelle composer.

Aussi impressionnants qu’ils soient depuis le début de la saison, il reste donc difficile d’imaginer les pontes de la discipline partir bille en tête en finale sur la piste hongroise. “Sur 1500 mètres, Jakob (Ingebrigtsen, ndlr) est si fort qu’il ne va peut-être pas attendre. Comme c’est une distance relativement courte, je mets cette course à part“, prévient Hugo Hay. Mais au-delà de ce refrain bien connu des fondeurs, qui les pousse à jouer de prudence pour éviter un fatal excès de confiance un jour où la bataille contre les autres prend le pas sur la bataille contre le chronomètre, d’autres éléments sont à prendre en compte.

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La wavelight, un atout déjà crucial

Dans une certaine symétrie avec les Championnats, les meetings sont peu à peu devenus des usines à performances. Dans une discipline où les progrès matériels et technologiques – chaussures plus légères, pistes plus rebondissantes – se font largement sentir et posent dans certains cas de vraies interrogations, les organisateurs redoublent d’ingéniosité et d’efforts pour permettre aux athlètes qui y participent de signer le meilleur temps possible, et ainsi faire briller le meeting. Dernière innovation en date, destinée à alimenter cette mécanique gagnant-gagnant : la wavelight. Un lièvre électronique, fait de spots lumineux placés au bord de la piste, que les coureurs peuvent suivre pour savoir en temps réel où ils sont placés par rapport à une performance X.

Intronisée par World Athletics en 2020, cette wavelight a déjà accompagné 5 des 6 records du monde actuels entre 3000 m steeple et 10 000 m. Tout sauf un hasard. “C’est un avantage évident, approuve Hay, qui a déjà couru deux fois sur des pistes équipées de ce système. Pour les lièvres (ces coureurs de meetings qui lancent les meilleurs sur un rythme établi, au début de la course, ndlr), c’est très avantageux. Ils n’ont plus à être à la fois des horloges et à être forts physiquement. Ils suivent la lumière, ça suffit.”

L’autre avantage de cette wavelight est qu’elle donne une nouvelle vision de la course au grand public. Le 9 juin dernier au stade Charléty, la foule savait ainsi en direct que Faith Kipyegon et Lamecha Girma couraient droit vers le record. Proposer des courses d’un quart d’heure ou d’une demi-heure plus lisibles et plus intenses, en rendant perceptible le bras de fer entre l’athlète et le temps : un moyen de raviver l’intérêt pour l’athlétisme et de le moderniser, l’un des chevaux de bataille de Sebastian Coe – réélu ce jeudi à la tête de World Athletics, pour un dernier mandat de quatre ans.

La wavelight constitue donc un atout pour quiconque veut se lancer à la poursuite d’un record. Encore interdite en championnats, elle constitue aussi une raison supplémentaire de penser que malgré la forme olympique de Faith Kipyegon et consorts, leurs records survivront probablement à ces Championnats du monde de Budapest.



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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