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Crise du pain en Tunisie: arrestation du responsable d’une … – Arabnews fr


ANKARA: Les récentes déclarations du président syrien, Bachar al-Assad, lors d’une interview avec Sky News Arabia, ont suscité des débats quant à leur impact sur l’évolution des relations entre Damas et Ankara.

Dans cette interview, M. Al-Assad a rejeté toute rencontre avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, et il a suggéré que M. Erdogan souhaitait des pourparlers pour légitimer la présence de la Turquie en Syrie. «Pourquoi devrions-nous nous rencontrer, Erdogan et moi? Pour boire des boissons gazeuses?», ironise Bachar al-Assad.

Réagissant aux commentaires du président syrien, le chef de la défense turque, Yasar Guler, a souligné le désir de paix de la Turquie tout en insistant sur ses préoccupations en matière de sécurité. «La Turquie souhaite sincèrement la paix, mais nous avons aussi des sensibilités. Il est impensable pour nous de nous retirer sans garantir la sécurité de nos frontières et de notre peuple. Je pense que le président syrien agira de manière plus raisonnable sur cette question», fait remarquer M. Guler.

La Turquie donne la priorité au retour des 3,6 millions de réfugiés syriens dans leur pays d’origine, principalement en raison de l’approche des élections locales. La principale préoccupation des électeurs est la pression exercée sur l’économie turque par l’accueil de millions de Syriens.

Au cours de l’interview, M. Al-Assad accuse également la Turquie de soutenir financièrement plusieurs groupes armés en Syrie qui tentent de renverser son régime.

«Le terrorisme en Syrie est produit en Turquie», déclare-t-il au cours de l’entretien, en faisant référence aux milices soutenues par la Turquie, notamment Hayat Tahrir al-Cham.

Malgré ces tensions, la Turquie et la Syrie ont entamé des discussions politiques depuis l’année dernière, notamment entre leurs ministres de la Défense et des Affaires étrangères.

Les discussions ont été facilitées par l’Iran et la Russie, dans le but de dégeler les relations entre les deux voisins. En mai, les ministres des deux parties sont convenus de définir une feuille de route pour l’amélioration des relations. Damas affirme cependant que cette feuille de route devrait inclure un calendrier pour le retrait des troupes turques de Syrie, comme condition préalable à tout progrès dans les pourparlers.

Malgré le discours rigide de Bachar al-Assad, les experts suggèrent que la Turquie continue à avancer, au ralenti, vers la réconciliation avec le régime syrien. La visite attendue du président russe, Vladimir Poutine, en Turquie, ainsi qu’une réunion des ministres des Affaires étrangères du quatuor – Turquie, Russie, Iran et Syrie – pourraient relancer le rapprochement entre la Turquie et la Syrie.

«Même si la Syrie conserve son importance dans l’agenda de la politique étrangère des deux pays, ni M. Poutine ni M. Erdogan ne peuvent actuellement consacrer plus de temps à la Syrie en raison de différentes considérations», déclare à Arab News le professeur Emre Ersen, expert des relations russo-turques à l’université Marmara d’Istanbul.

«Ankara semble se concentrer sur l’amélioration de ses relations avec l’Occident en raison de préoccupations économiques, tandis que la guerre en Ukraine domine l’agenda de la politique étrangère russe. Les relations turco-russes sont également devenues plus froides ces derniers mois en raison des relations étroites d’Ankara avec le gouvernement du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et de la décision de Moscou de se retirer de l’accord sur les céréales.»

Pour M. Ersen, cela signifie que le processus de réconciliation pourrait prendre un peu plus de temps.

«Il faut également garder à l’esprit que l’influence de Vladimir Poutine sur Bachar al-Assad s’est considérablement affaiblie après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les derniers propos du président syrien pourraient également être considérés comme le reflet de cette situation», ajoute-t-il.

Néanmoins, le chemin vers la détente diplomatique reste complexe. L’insistance de la Turquie à créer une zone tampon longue de 30 km le long de sa frontière, exempte de groupes kurdes syriens, a joué un rôle important dans le maintien de sa présence militaire dans le nord de la Syrie avec près de cinq mille à dix mille soldats. Recep Tayyip Erdogan a déclaré le 17 juillet que la Turquie s’engageait à rester dans ces zones en raison des efforts continus de lutte contre le terrorisme.

Oytun Orhan, coordinateur des études sur le Levant au sein du groupe de réflexion Orsam à Ankara, estime que la Turquie n’acceptera pas de se retirer de Syrie tant qu’elle n’aura pas obtenu de garanties internationales contre toute tentative d’autonomie kurde dans la partie nord du pays déchirée par la guerre.

«Ankara donne la priorité à l’adoption d’une feuille de route commune et à la mise en œuvre de mesures de confiance avant toute décision de retrait. La dernière déclaration de M. Al-Assad signifie un recul dans le processus de dialogue», précise-t-il à Arab News.

M. Orhan suggère que le moyen de restaurer la confiance entre Damas et Ankara serait de relancer le commerce entre les zones tenues par le régime et celles tenues par les rebelles, ainsi qu’entre les régions à l’intérieur du pays. En outre, les parties devraient également accepter d’ouvrir la route stratégique M4 à Idlib, tenue par les rebelles, qui relie la côte méditerranéenne à Alep et à d’autres régions des provinces du nord.

«Plutôt que d’insister sur des conditions préalables qu’Ankara rejette catégoriquement dans les circonstances actuelles, de telles mesures permettraient de réduire les défis économiques auxquels le régime Assad est actuellement confronté. Ces mesures seraient considérées comme des gestes de bonne volonté de la part d’Ankara – des étapes importantes pour surmonter le manque de confiance qui existe depuis longtemps entre les parties», déclare-t-il.

Toutefois, un processus de normalisation plus étroit entre Ankara et Damas est inextricablement lié aux relations étrangères plus larges de la Turquie, notamment avec la Russie, les États-Unis et les alliés occidentaux.

«Les récentes ouvertures de la Turquie vers l’Occident, son soutien à l’adhésion de la Suède à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), les incertitudes entourant l’initiative des grains de la mer Noire, et même le retour en Ukraine de figures importantes du régiment Azov… pourraient bien alimenter les appréhensions de la Russie», met en garde Oytun Orhan.

«Si toutes ces mesures entraînent un changement de politique étrangère de la part de la Turquie, cela pourrait également conduire à l’effondrement du processus de rapprochement de la Turquie avec la Syrie en raison de la Russie, qui est l’allié le plus puissant du régime de Damas», ajoute-t-il.

Dans le même temps, la question de la gestion des réfugiés dans le pays continue de susciter des divisions, d’autant plus que les élections municipales turques de mars 2024 sont imminentes. M. Orhan suggère au gouvernement d’adopter une approche modérée.

Alors que le problème des réfugiés a joué un rôle central dans les élections locales précédentes, les candidats de l’opposition ayant remporté des victoires dans les principaux centres urbains, la prochaine élection pourrait être l’occasion de faire des gestes supplémentaires pour aborder la question sans s’engager à prendre des décisions radicales.

Oytun Orhan envisage un scénario dans lequel de nouvelles colonies, soutenues financièrement par le gouvernement du Qatar, pourraient voir le jour dans le nord de la Syrie. De telles initiatives, visant à apporter un soulagement temporaire aux réfugiés, pourraient être habilement intégrées dans les campagnes, et raviver l’espoir des électeurs. Il concède que la perspective d’un rapatriement complet des Syriens avant les élections reste impossible.

Ces dernières semaines, Ankara a intensifié ses expulsions, des milliers de Syriens étant brusquement envoyés dans le nord de la Syrie, où nombre d’entre eux n’ont aucune attache. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la promesse faite par M. Erdogan, après sa récente victoire électorale, de renvoyer un million de réfugiés syriens dans leur pays d’origine.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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