Des sports

Sur les plages, le wingfoil est désormais partout – L’Équipe


Pierre-Jean monte sur le flotteur et tente de prendre le vent avec son aile. C’est sa première séance de wingfoil, discipline située entre la planche à voile et le kitefoil qui consiste à filer sur une planche courte équipée d’un foil – ce curieux appendice qui soulève la planche au-dessus de la mer et fait considérablement gagner en vitesse – et d’une aile gonflable tenue entre ses mains. Au loin, on distingue le pont de l’île de Ré. De l’eau jusqu’à la taille, Antonin Rangin donne des conseils au néo-rider à l’aide de son talkie-walkie. « Il faut deux ou trois séances pour sortir de l’eau et cinq pour être autonome », précise le coach de 33 ans, ancien champion de big air saut, aujourd’hui directeur du Chatel Kite school club, à Châtelaillon, en Charente-Maritime. Antonin Rangin, qui enseigne le kitefoil (du kitesurf auquel on ajoute un foil) et le wingfoil, l’assure : « Nous recevons de plus en plus de demandes de cours de wingfoil. »

Depuis un peu plus de trois ans, la pratique explose en effet. L’histoire de ce sport extrême remonte pourtant à plusieurs décennies. En 1982, l’Américain Pete Cabrinha, champion de surf de grandes vagues, teste une aile sur une planche rigide imaginée par Jim Drake et Uli Stanciu, deux pionniers de la planche à voile. Au même moment, le breton Roland Le Bail développe le « bird sail », sorte d’aile d’oiseau sur une planche. Deux ans plus tard, les frères Bruno et Dominique Legaignoux déposent le brevet d’une aile à structure gonflable. En 1987, Tom Magruder invente le « wind weapon », une voile reliée à une planche de surf par un bout de mat. Mais l’essor de la planche à voile est tel, à l’époque, qu’il renvoie à plus tard l’explosion de ses variantes. Il faut l’avènement du foil pour que l’idée d’associer voile gonflable et planche ressorte la tête de l’eau. Depuis, le « wing » s’envole, éclipsant même ses deux cousines, la planche à voile et le kite, et notamment ce dernier, parfois jugé trop dangereux.

Nicolas, 57 ans, bataille pour sortir de l’eau. Il en est à son troisième cours de wingfoil. La plage de Châtelaillon offre un plan d’eau régulier et peu profond, favorable à l’apprentissage. « Au bout de trois séances, l’effort devient moins physique, assure l’élève. J’ai hésité entre le kite et le wing, celui-ci m’est apparu plus simple et moins dangereux. Quand on voit le nombre d’accidents de kite , ça refroidit… » « On assure encore 80 % de cours de kite pour 20 % de cours de wing, explique Antonin Rangin, mais les proportions sont en train de changer. » « J’ai voulu essayer le wingfoil, raconte Louise, 28 ans, ça me faisait moins peur que le kite et me semblait moins laborieux que la planche à voile. Et ça m’a beaucoup plu. » « Moi aussi, j’ai beaucoup aimé, déclare Pierre-Jean, 57 ans. J’avais essayé le kite mais j’ai trouvé ça compliqué. Là, j’ai eu assez vite des sensations. »

Lors des premiers Championnats d’Europe de la discipline, en mai à Brest, la Française Orane Ceris a remporté le titre dans la catégorie freestyle. (Christophe Guzman/GWA Wingfoil World Tour)

Accessible, le wingfoil présente aussi l’avantage d’être peu encombrant. L’équipement peut tenir dans le coffre d’une voiture. Les premières gammes pour un pack complet avoisine les 2 000 euros, mais on commence à trouver du matériel d’occasion moins cher. Il n’est par ailleurs pas nécessaire d’avoir beaucoup de vent pour se faire plaisir. « À partir de 8 noeuds (15 km/h), on peut sortir de l’eau, même si une vitesse de 15 noeuds (28 km/h) est préférable, assure Rangin. La pratique de la discipline demande d’avoir le sens de l’équilibre mais n’exige pas d’avoir fait de la planche à voile auparavant. Et on a tous les âges parmi nos clients. Récemment, un monsieur de 70 ans était autonome au bout de deux séances. »

« J’ai déjà vu un monsieur de 70 ans autonome en deux séances »

Antonin Rangin, coach de wingfoil

Le wing n’a pas le vent en poupe chez les seuls amateurs. C’est aussi et de plus en plus un sport pro, même s’il n’est pas encore reconnu par la famille olympique, contrairement au kitefoil et à la planche IQFoil, qui seront présents aux JO de Paris. Plus de 300 compétitions de wing se sont déroulées en France l’an dernier. Il y a trois mois, les premiers Championnats d’Europe de la discipline se sont disputés à Brest, marquant le triomphe des Bleus, avec Bastien Escofet et Camille Bouyer respectivement parés d’or et de bronze dans la catégorie freestyle. Orane Ceris, ex-gymnaste venue au wing en 2020, s’est adjugé le titre chez les femmes.

À 26 ans, Titouan Galéa compte, lui, déjà trois titres mondiaux. Initié au kite à 13 ans, le Néo-Calédonien a découvert le wing une dizaine d’années plus tard. « La liberté de navigation et les possibilités d’expression qu’il permet m’ont particulièrement accroché, c’est très diversifié et les possibilités sont assez grandes par rapport aux autres supports » a-t-il confié en avril à L’Équipe. « Tout le monde vient d’horizons différents. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu émerger un nouveau sport où chacun trouve son compte », raconte-t-il encore. Façon de confirmer que le raz-de-marée n’est pas qu’un tube de l’été sur les plages.



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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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