Politique

Chronique Canal Nord-Sud | Où sont passés nos hommes et … – L’Echo


Nos deux experts ès Rue de la Loi, Wim Van de Velden du Tijd et Alain Narinx de l’Echo, écrivent chacun à leur tour un article sur l’actualité politique dans notre pays. La chronique paraît simultanément chaque jeudi dans les deux journaux.

Ton dernier article se clôturait comme suit: “Wim, tu fais souvent référence au blocage prévisible après les élections de juin 2024. À ton avis, y a-t-il des hommes et des femmes d’État capables de le transcender ?” Je me demande si c’est la bonne question à se poser.

Il est tentant de penser qu’il n’existe plus d’hommes ou de femmes d’État de la stature de Jean-Luc Dehaene, de Wilfried Martens, de Guy Spitaels, ou encore de celui qu’on qualifiait de “dieu”, André Cools, qui auraient toujours placé l’intérêt général avant tout le reste.

Pour ma part, je ne crois pas qu’à l’époque notre pays comptait plus de politiciens intéressés par l’intérêt général qu’aujourd’hui. Au PS, les leaders du parti s’occupaient surtout des intérêts de “l’État PS” en Wallonie, tout comme les poids lourds de l’ancien CVP étaient surtout au service de la Flandre catholique. Ils se faisaient aussi élire dans les entités fédérées.

La scission des partis

Le changement copernicien a été la scission des partis politiques, qui a poussé l’intérêt général davantage au niveau des régions. Sur le plan électoral, la Flandre n’avait plus aucune importance pour les politiciens francophones, à l’instar des politiciens flamands qui n’avaient plus rien à gagner en Wallonie. Seul le président du MR, Georges-Louis Bouchez, semble ne pas le voir à cause de ses lunettes belgicaines. Il aime se rendre – et le fait souvent – en Flandre, où il est apprécié comme étant le dernier libéral. Mais pas un seul Flamand ne peut voter pour lui.

Au début du XXIe siècle, Guy Verhofstadt (Open VLD) a un jour déclaré que plus personne en Belgique – sauf lui en tant que Premier ministre, le sélectionneur des Diables rouges et le cardinal – ne s’intéressait encore à l’intérêt général. Verhofstadt ne serait pas Verhofstadt s’il ne proposait pas immédiatement une solution volontariste, en l’occurrence la mise en place d’une circonscription fédérale.

L’idée sous-jacente est que le vrai problème se situe au niveau des structures et non pas des politiciens ni de la pénurie d’Hommes d’État. La création d’une circonscription fédérale – une idée que le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a ressortie – devrait être payante d’un point de vue électoral pour une série de politiciens de premier plan ayant encore à l’esprit l’intérêt général du pays.


Le président de la N-VA, Bart De Wever, est en faveur d’une circonscription fédérale, à condition que (…) la majorité flamande puisse jouer sans restriction ni verrou d’aucune sorte.

Les équilibres linguistiques

Ironie du sort, ce fut l’homme d’État Dehaene qui mit à mal le volontarisme belge de son successeur Verhofstadt. Dehaene a mis en évidence le point faible d’une telle circonscription: les francophones n’accepteraient l’idée d’une circonscription fédérale qu’à condition que le nombre de sièges réservés aux politiciens flamands et francophones soit fixé à l’avance. Résultat: les équilibres linguistiques ne disparaîtraient pas et la circonscription fédérale passerait ainsi à côté de son objectif.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, est lui aussi en faveur d’une circonscription fédérale couvrant l’ensemble du pays, à condition que le principe “one man one vote” s’applique et que la majorité flamande puisse jouer sans restriction ni verrou d’aucune sorte. C’est la façon de De Wever – tout comme de Dehaene – de démontrer la non-faisabilité politique d’une telle circonscription fédérale.

Un retour à la Belgique unitaire est hors de question sauf si on réussit à remonter le temps et à éviter la scission des partis politiques, autrefois unitaires. Le déménagement des socialistes flamands dans les bâtiments du quartier général du PS, Boulevard de l’Empereur à Bruxelles, permet d’imaginer qu’un retour à un parti socialiste unitaire est possible. Mais jamais les socialistes flamands et francophones n’ont été aussi éloignés les uns des autres qu’aujourd’hui.

Et ce, alors que Paul Magnette et Conner Rousseau peuvent être qualifiés d’Hommes d’État. À moins que nous exagérions, Alain?



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Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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