Événements mondiaux

Après l’or européen, Hélios Latchoumanaya vise le titre aux … – L’Équipe


C’est une jolie moisson de six médailles que l’équipe de France a récoltée lors des Championnats d’Europe de para-judo à Rotterdam, la semaine dernière. Avec un premier titre décroché par Prescillia Leze, mais aussi, et surtout, la domination affirmée qu’Hélios Latchoumanaya exerce dans sa catégorie des -90 kg. À 23 ans, le jeune homme paraît même invincible, depuis sa médaille de bronze obtenue lors des Jeux paralympiques à Tokyo.

« J’ai perdu un combat en revenant, corrige-t-il. Mais c’est vrai que, depuis, j’ai gagné tous les grands Championnats et les Coupes du monde. Je suis assez en forme… » Aux Pays-Bas, celui qui a débuté le judo à 7 ans dans sa ville natale de Tarbes a conservé l’or obtenu en 2022. La même mission se profile à l’heure de défendre son titre mondial à Birmingham (Angleterre, 23-25 août). « Je prends en gamme, ça me permet de mieux m’exprimer, d’encaisser le retour physique des autres », observe-t-il.

Si ses adversaires en sont convaincus, Hélios Latchoumanaya peine encore à admettre sa valeur. À l’instant de justifier cette bascule vers une forme d’invincibilité, il pointe l’âge de ceux qui dominaient jusqu’aux derniers Jeux, le fait aussi que l’Iranien Vahid Nouri, qui avait privé le Français de la finale au Japon, a grimpé de catégorie.

« Il a fallu que j’accepte d’être maintenant parmi les favoris. Ce ne doit plus être une surprise d’être à ce niveau-là »

« Mais je suis prêt à le prendre s’il redescend », sourit le sociétaire du club de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), conscient de ce qu’il lui reste à accomplir pour assumer son statut. « C’est un travail que je fais avec la préparatrice mentale, que j’ai commencé courant 2022, acquiesce-t-il. Je gagnais de plus en plus, je sentais que je passais du statut d’outsider à celui du gars que tout le monde attend. Peut-être pas le favori, mais celui qu’on regarde. Enfin… Si, il a fallu que j’accepte d’être maintenant parmi les favoris. Ce ne doit plus être une surprise d’être à ce niveau-là. Il faut que je sois sûr de moi, qu’en entrant sur le tapis, j’assume d’être le plus fort et que ça se voit. »

À l’écouter, on devine la lutte intérieure que cela provoque chez ce grand discret de 1,83 m. « J’essaie que ce soit une évidence pour moi, mais j’ai du mal, dit-il en hésitant, avant de se reprendre. J’avais du mal à me dire que c’était moi le meilleur. » Et de raconter cette anecdote datant des Mondiaux de 2022, quand sa kiné lui avait demandé qui était l’homme à abattre dans sa catégorie. « Je lui ai répondu que lui était solide, lui aussi… Elle me regarde et je réalise : mais c’est moi l’homme à abattre ! »

Latchoumanaya, modeste, se dit « bon partout, mais excellent nulle part »

Cette humilité qu’il considère, lui, comme une sorte de méfiance face à la concurrence, reste sans doute un des atouts d’Hélios Latchoumanaya. Sauf à considérer qu’elle briderait ses qualités. Mais, justement, quelles sont-elles ? « C’est une très bonne question… Je ne sais pas trop, répond-il sans être sûr d’être en droit de les inventorier. Techniquement, on continue de travailler. C’est encore un peu “éparpillé”, ça manque de finition. J’en ai discuté avec mes coaches au retour des Championnats d’Europe. Ils ne formulent pas comme ça, mais j’ai l’impression d’être un peu bon partout, mais excellent nulle part. Je peux attaquer dans tous les sens, aller au sol, debout, à droite, à gauche, avant, arrière, mais je n’ai rien de vraiment tranchant, pas de mouvements dangereux qui feraient peur aux adversaires. En même temps, le fait d’être à l’aise et imprévisible, c’est aussi ce qui fait ma force. » Et cela prouve que le garçon possède encore une marge de progression.

Une bonne chose quand on rappelle que la configuration du para-judo planétaire a énormément évolué depuis deux ans. Après Tokyo, la moitié des catégories ont ainsi été supprimées en même temps qu’étaient dissociés les malvoyants des non-voyants, pour ne pas multiplier les médailles.

« On a absorbé les -81 kg, explique Hélios Latchoumanaya. Certains, comme Nathan Petit, qui se sentait de faire le régime, ont choisi de descendre en -73 kg, d’autres sont montés en +90 kg avec une belle prise de masse. »

Inversement, certains -100 kg sont descendus en -90 kg. « Ça a créé un gros renouvellement et il y a plusieurs adversaires que je n’ai pas encore pris, mais j’espère avoir eu à peu près tout le monde dans les mains d’ici aux Jeux pour savoir à quoi m’attendre », souligne le Guadeloupéen, qui ne visera évidemment que l’or à Paris.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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