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Au Venezuela, Nicolas Maduro fait main basse sur le Parti … – Le Monde


Le gouvernement de Nicolas Maduro est « autoritaire et antidémocratique ». Cette fois-ci, ce n’est pas la droite qui le dit mais le Parti communiste du Venezuela (PCV). Longtemps alliés du pouvoir chaviste, les communistes s’en disent aujourd’hui les victimes. Vendredi 11 août, le Tribunal supérieur de justice (TSJ) annonçait la destitution de la direction du PCV, jugée illégitime, et son remplacement par une direction ad hoc, chargée de « rétablir les processus démocratiques au sein du parti ». Pour Oscar Figuera, le secrétaire général du PCV démis, « le parti a été victime d’un assaut du pouvoir ».

Une semaine plus tôt, la Croix-Rouge vénézuélienne avait fait l’objet d’une intervention judiciaire très semblable : les magistrats du TSJ ont limogé Mario Villarroel, qui dirigeait l’organisation humanitaire depuis 1978, et désigné « un conseil de restructuration ».

Ce n’est pas la première fois que la justice vénézuélienne met au pas un parti politique en destituant sa direction au profit d’un groupe de militants plus dociles envers le pouvoir. En 2020, les dirigeants historiques des partis d’opposition Voluntad popular, Primero justicia, Accion Democratica avaient eux aussi perdu le contrôle de leur structure.

Le plus ancien parti du Venezuela

Henry Parra a été nommé à la tête de l’équipe chargée de remettre le PCV sur la bonne voie. Longtemps membre du parti, M. Parra avait rendu sa carte en 2021 pour se rapprocher des dirigeants du Parti socialiste unifié (PSUV). Dans un communiqué publié samedi, la direction sortante du PCV traite M. Parra et ses collaborateurs de « mercenaires » du pouvoir. Paradoxe de la politique vénézuélienne, toute l’opposition, y compris la droite ultralibérale, a manifesté samedi sa solidarité envers le vieux Parti communiste.

Fondé en 1931, le PCV est le plus ancien parti du Venezuela. Allié de la première heure d’Hugo Chavez (1999-2013), les communistes ont progressivement pris leurs distances avec son successeur, critiquant le « virage néolibéral » de la politique économique gouvernementale, la fin du contrôle des changes et des prix, la dollarisation de fait de l’économie ou encore l’ouverture de la région minière de l’Orénoque aux investisseurs étrangers. Les communistes sont devenus de plus en plus critiques de la corruption ambiante et des privations que le pouvoir impose aux travailleurs. D’allié, le PCV est devenu adversaire.

Diosdado Cabello, le puissant vice-président du Parti socialiste unifié, qui anime un programme de télévision hebdomadaire, le rappelait depuis des mois. A l’en croire, la base du Parti communiste n’approuvait pas la ligne critique fixée par la direction. La semaine dernière, juste avant que le TSJ ne rende publique sa décision, M. Diosdado était en visite officielle à La Havane, probablement pour s’assurer le soutien de ses amis cubains.

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Antoine Girard

Plongeant dans l'art de la plume avec une passion ardente, je suis Antoine Girard, un Artisan du Blogging tissant des récits qui embrassent le monde. Ma formation à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris a enrichi ma pensée créative. Tel un alchimiste des mots, je distille des articles de nouvelles internationales tout en explorant un vaste horizon de sujets tels que le droit international, le sport, l'immobilier et l'industrie cinématographique. Transparence est mon credo, chaque article reflétant mon engagement envers l'authenticité. Rejoignez-moi dans ce voyage où les mots évoquent des images vivantes, où le droit se marie avec l'action, où les terrains de jeu se mêlent à l'écran argenté, et où chaque ligne écrit l'histoire de notre monde en mouvement.

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