Politique

[Interview] L’élu breton Daniel Cueff demande la suppression du … – Le Télégramme


Pourquoi avez-vous signé et relayé la pétition pour demander la suppression du label agricole et alimentaire HVE ?

Quand ce label est né, il y avait un espoir d’arriver à une évolution progressive vers moins de pesticides voire pas de pesticides du tout en agriculture. On s’aperçoit que ce label peut être attribué sans qu’il soit question de modifier les pratiques en profondeur. Encore une façon de retarder l’inéluctable, qui est de se passer des pesticides. Il faut absolument y arriver, ne pas rester au stade des intentions. C’est un peu comme pour l’agriculture raisonnée, qui a trompé beaucoup de monde. Les gens se sont dit : c’est comme le bio. Non, c’est une agriculture qui utilise les produits chimiques de façon plus scientifique et organisée. Je vois encore, à Saint-Malo, une boulangerie qui affiche « Ici pain fait avec de la farine issue de l’agriculture raisonnée », autrement dit de l’agriculture conventionnelle. De la même façon, le label HVE trompe le consommateur, même si des agriculteurs le choisissent en toute sincérité, il génère de la confusion par rapport au bio.

Reprochez-vous au label de ne pas favoriser le changement de système agricole attendu ?

Oui. La sortie des pesticides, c’est un levier considérable de transition pour l’agriculture. C’est difficile car les agriculteurs ont été formés pour les utiliser, ils se sont éloignés de l’agroécologie depuis longtemps. Notre société leur a demandé de le faire, des politiques publiques les y ont incités, par des subventions. Ce n’est pas facile pour eux. Mais cette question des pesticides, ce n’est pas une histoire d’idéologie, cela a un impact tellement considérable sur la santé, sur la biodiversité : on est assommé de voir à quel point les nappes d’eau en Bretagne sont polluées par des métabolites issus des pesticides. C’est un problème de santé publique considérable. Donc, il faut en sortir.

Dans sa politique d’aides à la transition agricole, le Conseil régional de Bretagne devrait-il intégrer le critère de la non-utilisation des pesticides ?

Le Conseil régional a adopté plusieurs vœux pour demander au gouvernement d’agir sur la question des pesticides, qui relève de sa compétence et de celle des parlementaires. La démarche de la Région affiche qu’il faut sortir des pesticides. Par ses aides en faveur des transitions, elle accompagne les agriculteurs sans passer par des injonctions qui créent des blocages, des clans qui s’opposent. Je ne suis pas un chaud partisan de la conditionnalité des aides : je pense que cela ne marche pas.

Le nouveau système d’aides Agri Invest, lancé en septembre, fixe des critères d’aides ? Une forme d’écoconditionnalité…

L’écoconditionnalité, quel terme barbare ! C’est ce que Pierre Bourdieu appelait la violence symbolique d’une autorité qui vient vous dire comment faire. C’est contre-productif, alors que, si l’on propose aux agriculteurs de sortir ensemble des pesticides, d’aller vers l’agroécologie, c’est plus efficient que des critères pointus, spécifiques et contestés.

La politique agricole de la Région vous convient, donc ?

Oui, bien entendu. Je soutiens cette démarche progressive et douce du vice-président Arnaud Lécuyer sur ces questions-là. Nous avons un accord programmatique sur la sortie des pesticides. Le chemin pris est le bon. Nous ne pouvons pas les interdire à notre niveau, mais pousser, par exemple, dans nos cantines de lycées publics, pour que le pli soit pris (NDLR : 19 % de produits bio servis en moyenne) et contribue à orienter le marché favorablement /////. C’est plus intéressant de convaincre que d’imposer, d’autant qu’il y a une prise de conscience de la société.

* La pétition « Supprimons le label agricole et alimentaire HVE » avait recueilli 37 500 signatures, le 12 août, sur la plateforme change.org



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Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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