Événements mondiaux

Aperçu du match au Mondial junior : Canada c. Slovaquie – Hockey Canada


De son patelin du Lac-Saint-Jean à Sherbrooke en passant par Trois-Rivières, Rouyn-Noranda et Syracuse, Gilles Bouchard a fait son petit bonhomme de chemin jusqu’au Mondial junior en Suède

Rares sont ceux à Normandin qui auraient pu prédire que le nom de Gilles
Bouchard résonnerait autant dans un domaine qui le mènerait aujourd’hui à
un poste d’entraîneur adjoint au

Championnat mondial junior 2024 de l’IIHF
, à Göteborg, en Suède.

« Quand ma mère rencontrait mes professeurs, elle se faisait dire :
“Gilles, il y a de quoi à faire avec, il est bon, mais on dirait qu’il ne
veut pas l’être”. J’étais pas mal tannant », dit-il en riant de bon cœur! «
Mais j’aimais les sports et sans être une vedette, je me débrouillais bien
dans la plupart d’entre eux. »

Dans son petit village du Lac-Saint-Jean, au Québec, où il retourne chaque
été pour voir ses proches et pratiquer la pêche, il a grimpé les échelons
du hockey mineur jusqu’à faire partie de la première édition du hockey M18
AAA à Jonquière avec les Cascades du Lac-St-Jean en 1987-1988. Par la
suite, il a joué trois saisons dans la

LHJMQ
, terminant son parcours junior en 1991 avec une conquête de la Coupe du
Président dans l’uniforme des

Saguenéens de Chicoutimi
.

Pas mal pour un petit boute-en-train qui donnait du fil à retordre à ses
professeurs!

Le sport a façonné le destin de Gilles… un destin qui lui a permis de
soulever des coupes, de gagner des médailles et de récolter des honneurs
individuels.

Sa passion l’a motivé à s’inscrire à l’Université du Québec à
Trois-Rivières (UQTR) en
éducation physique. Il y a porté les couleurs des

Patriotes
, avec qui il a participé au Championnat canadien de hockey universitaire
en 1996.

« Ceux qui m’ont connu jeune à Normandin doivent être tombés sur le dos de
savoir que je suis allé à l’université », lance-t-il.

Pendant son parcours universitaire, il a appris des notions qui allaient
aussi lui être bien utiles dans son rôle d’entraîneur. « En éducation
physique, ça parle du corps humain, des muscles, de psychologie. J’ai
également appris comment me placer et bouger devant un groupe pour bien
faire passer mon message. »


Gilles dans l’uniforme des Patriotes de l’UQTR, où il a joué de 1992 à 1996.

Un premier emploi formateur

Le nouveau bachelier n’a pas perdu de temps pour se faire la main.

« Après mes études, j’ai eu la chance de devenir responsable du programme sport-études de l’Académie les Estacades. Je faisais de la suppléance à l’école le matin et j’allais sur la glace l’après-midi. »

En plus de toutes ses tâches dans cet établissement scolaire de la Mauricie, Gilles a goûté à sa première expérience derrière le banc comme entraîneur adjoint des Estacades du Cap-de-la-Madeleine (M18 AAA), dont il est devenu l’entraîneur-chef six ans plus tard.

Cumuler les fonctions d’enseignant et d’entraîneur ont permis à Gilles de constater que malgré toutes les similitudes qu’il peut y avoir entre enseigner à un groupe d’élèves et diriger des joueurs, il y a tout un monde entre les deux.

« Au début, je dirigeais comme un enseignant, mais je me suis rendu compte que ce n’est pas parce que j’ai un bac que je vais être un bon entraîneur. Il faut gérer des jeunes, les faire performer, les sortir de leur zone de confort. Ce n’est pas juste en enseignant qu’on va chercher le meilleur de ses joueurs. »

En 2012, mûr pour un nouveau défi après avoir solidifié les bases du pédagogue en lui, il a délaissé son emploi de professeur et postulé pour devenir le nouvel entraîneur-chef à temps plein des Patriotes de l’UQTR. À sa seule saison à la barre de ce prestigieux programme, il a soulevé la coupe Queen’s, le titre des Sports universitaires de l’Ontario (SUO), et pris part au championnat canadien.

Cette décision audacieuse a changé le cours de son destin.

De la Mauricie à l’Abitibi

Quelques mois plus tard, après un long processus d’entrevues avec l’organisation des Huskies de Rouyn-Noranda dans la LHJMQ, Gilles a décidé de se lancer dans l’aventure du hockey junior pour occuper le poste de directeur général et entraîneur-chef de l’équipe.

« J’ai été cinq ans à Rouyn et j’ai bien aimé ça. C’est une organisation avec du bon monde, le propriétaire Jacques Blais est une personne incroyable. »

En Abitibi, Gilles a bâti et développé un noyau solide qui lui a permis en 2016 de remporter la Coupe du Président avec notamment Jérémy Lauzon, Rafaël Harvey-Pinard, Timo Meier et Francis Perron. Le magnifique parcours des Huskies s’est terminé en finale de la Coupe Memorial à Red Deer, en Alberta, où un certain Matthew Tkachuk a procuré aux Knights de London le titre canadien en prolongation.

Son passage avec les Huskies, avec qui il a été nommé Directeur général de l’année et Entraîneur de l’année en 2015-2016, a été marquant dans sa carrière d’entraîneur. Son nom s’est mis à circuler de plus en plus.


Gilles Bouchard soulève la Coupe du Président.Gilles qui soulève fièrement la Coupe du Président à Rouyn-Noranda. – Photo de Jean Lapointe

Le saut chez les pros

En juin 2018, Hockey Canada a embauché Gilles comme entraîneur-chef en vue
de la Coupe Hlinka-Gretzky 2018, mais le destin en a voulu autrement…
l’appel du hockey professionnel s’est fait entendre.

Présent au repêchage de la LNH à Dallas pour voir son fils Xavier être
sélectionné par les Golden Knights de Vegas, Gilles a été convoqué à une
entrevue avec le Lightning de Tampa Bay pour un poste d’entraîneur adjoint
avec le club-école du

Crunch de Syracuse

dans la Ligue américaine de hockey (AHL).
Quelques heures plus tard, il était embauché et directement envoyé au camp
de développement à Tampa Bay.


Gilles Bouchard (à droite) avec son fils Xavier (à gauche) à la pêche sur le lac Saint-Jean.Gilles à la pêche sur le lac Saint-Jean avec son fils Xavier, repêché par les Golden Knights de Vegas en 2018.

Gilles a passé cinq ans à Syracuse, dont quatre avec Benoit Groulx et Eric
Veilleux. Ensemble, le trio de Québécois a dirigé les meilleurs espoirs du
Lightning, qui a gagné deux Coupes Stanley et perdu une fois en finale.

Cette première expérience au hockey professionnel a été très formatrice
pour le Normandinois.

« Ça m’a permis de voir comment ça se comporte, des joueurs pros. Mon
objectif chaque jour était de m’investir à l’aréna pour qu’ils sentent
qu’ils devenaient de meilleurs joueurs et de meilleures personnes. J’ai vu
des Alex Barré-Boulet, Russ Colton et Cal Foote ne pas l’avoir facile, se
développer, devenir des hommes, et ils ont tous accédé à la LNH. »


Gilles Bouchard derrière le banc du Crunch de Syracuse.Gilles Bouchard derrière le banc du Crunch de Syracuse de l’AHL, où il a été un entraîneur adjoint de 2018 à 2023.

À l’issue des dernières séries, l’organisation a décidé de prendre une
autre direction avec son personnel entraîneur, ce qui a mené Gilles à un
retour dans les rangs de la LHJMQ à titre d’entraîneur-chef du

Phœnix de Sherbrooke
.

« C’était la première fois que ça m’arrivait de me faire tasser », souligne
l’homme de 52 ans.

« Cependant, je n’en ai pas fait une affaire personnelle, je n’ai pas pensé
que je n’étais pas capable de diriger au hockey professionnel. Je suis
toujours le destin dans ma vie… je suis de retour au hockey junior cette
saison et bien heureux de ça. »

Un retour avec Hockey Canada

Pendant son séjour avec les Huskies, Gilles a œuvré dans le monde du hockey
international à trois reprises, soit aux éditions 2014, 2015 et 2017 du

Défi mondial de hockey des moins de 17 ans
. Il a gagné l’or avec Équipe Canada Blancs en 2015 comme entraîneur
adjoint et l’argent avec Équipe Canada Rouges en 2017 dans le rôle
d’entraîneur-chef.

À son retour dans la LHJMQ l’automne dernier, Gilles n’a pas mis trop de
temps avant de penser au prochain Mondial junior.

« Je me suis dit que si j’avais un appel, j’allais y aller. Un lundi
après-midi, j’étais dans mon bureau au Palais des sports et j’ai vu sur mon
afficheur le nom de Scott Salmond [le premier vice-président de la haute
performance et des activités hockey]. J’ai compris assez vite de quoi il
allait me parler! »

À Göteborg, située à des milliers de kilomètres de Normandin, Gilles sait
aujourd’hui qu’il a l’appui de sa communauté dans la quête d’une 21e

médaille d’or d’Équipe Canada au Mondial junior, qui s’amorce le 26
décembre.

« Moi, je n’ai pas de compte Facebook, mais par mes sœurs et mes chums
là-bas, je sais que le monde de la place m’encourage et me suit », confie
modestement la fierté de Normandin.



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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