Santé

30 euros la consultation chez le médecin : “C’est juste une actualisation” (vidéo) – Lyon Capitale


Pascal Dureau est au syndicat MG France. Il était sur le plateau de l’émission “6 Minutes Chrono” de Lyon Capitale pour réagir aux annonces de l’Assurance maladie qui a ouvert la voie au passage à la consultation à 30 euros chez le médecin généraliste, contre 26,50 euros aujourd’hui.

Pascal Dureau débute en force pour exprimer son désaccord avec le projet de l’Assurance Maladie : “C’est un diktat de l’assurance maladie. L’assurance maladie prend acte de notre revendication du mois de juin dernier, demandant la mise à niveau de l’acte de consultation compte tenu de la baisse de revenus des médecins généralistes avec l’augmentation des charges et de l’inflation. C’est juste une actualisation du prix de la consultation. Pour ajouter du piment et pour rendre les choses plus compliquées, l’assurance maladie ajoute des conditions. Mais il n’y a pas de conditions, c’est juste le rattrapage. Est-ce que lorsque vous avez un rattrapage des salaires, vous avez quand même votre patron qui vous dit : si je rattrape le prix de l’inflation, je vais vous demander de travailler en plus les soirs et les dimanches ? Je pense que tout salarié enverrait son patron sur les roses.

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Le syndicaliste, aussi médecin à Vénissieux, prend aussi position sur les contreparties que demandent l’Assurance Maladie contre une consultation à 30 euros, notamment sur les gardes des médecins libéraux : “Aujourd’hui, les gardes sont assurés dans 90 % des territoires. Il y a 10 % de territoires qui sont en grande difficulté. Et là, qu’est-ce que vous voulez faire sur un secteur de garde où il reste un ou deux médecins ? Vous voulez mettre le médecin de garde tous les soirs ? Vous voulez l’obliger à dormir dans son cabinet, à vivre 24 heures sur 24 dans son cabinet ? 88 % des territoires sur le territoire français sont couverts par une garde qui fonctionne. Ce ne sont pas tous les médecins qui font la garde, ce sont les médecins volontaires. Mais aujourd’hui, ils assurent. Sur Lyon, nous avons des maisons médicales de garde qui tournent et en assurent le fonctionnement. Il n’y a aucun problème. Et simplement dans les régions plus désertifiées où il n’y a plus assez de médecins, il peut y avoir des problèmes de garde. Mais ce n’est pas en obligeant ces médecins-là à faire plus de garde qu’on va arriver à quelque chose. On va arriver à ce que les médecins s’en aillent. Et quand il n’y aura plus de médecins, il n’y aura plus personne pour faire la garde.

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Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission “6 minutes chrono”, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler de santé et prix de la consultation chez le médecin puisque l’assurance maladie ces derniers jours a ouvert la voie au passage à la consultation chez le médecin généraliste à 30 euros sous condition, contre 26,50 euros aujourd’hui et depuis novembre 2023. Pour en parler, nous recevons Pascal Dureau, qui est du syndicat MG France. Bonjour Pascal Dureau. Merci d’être connecté avec nous. On va rentrer dans le vif du sujet. Comment réagissez-vous à cette annonce de l’assurance maladie qui ouvre la négociation pour 30 euros, la consultation chez le médecin généraliste contre contrepartie ? 

Écoutez, il n’y a pas vraiment de négociation. C’est un diktat de l’assurance maladie. L’assurance maladie prend acte de notre revendication du mois de juin dernier, demandant la mise à niveau de l’acte de consultation compte tenu de la baisse de revenus des médecins généralistes avec l’augmentation des charges et de l’inflation. C’est juste une actualisation du prix de la consultation. Pour ajouter du piment et pour rendre les choses plus compliquées, l’assurance maladie ajoute des conditions. Mais il n’y a pas de conditions, c’est juste le rattrapage. Est-ce que lorsque vous avez un rattrapage des salaires, vous avez quand même votre patron qui vous dit : si je rattrape le prix de l’inflation, je vais vous demander de travailler en plus les soirs et les dimanches ? Je pense que tout salarié enverrait son patron sur les roses.

Ils sont en décalage avec les réels besoins et la réalité terrain des médecins généralistes ?

Aujourd’hui, si vous voulez, un médecin généraliste travaille, qu’il soit libéral ou salarié, c’est à peu près la même rémunération. Finalement, il n’y a que le temps de travail qui change, mais pour environ 34 euros de l’heure. Ce travail aujourd’hui à 34 euros de l’heure, nous, on demande juste qu’il soit remis à niveau parce qu’aujourd’hui, les médecins généralistes, c’est une profession qui n’est plus intéressante. Les jeunes, Bac plus 10, quand vous leur demandez en plus de faire des gardes, d’assurer la responsabilité personnelle, de ne pas avoir de congés annuels, de ne pas avoir de garantie d’assurance maladie, pas d’accident de travail, pas de comité d’entreprise, aucun avantage social, et vous leur dites, allez-y, on veut un choc d’attractivité, allez, on va vous mettre des conditions pour être payé juste le minimum de ce qu’on devrait vous payer. Je crois que l’assurance maladie, elle n’a pas compris le niveau de la difficulté. Et aujourd’hui, s’il y a des déserts médicaux en France, c’est en grande partie grâce à l’assurance maladie. 

D’accord. Je pense que le message est bien passé. Donc simplement, parlons un petit peu des contreparties qu’elle demande, puisque vous en avez balayé certaines. Effectivement, parmi l’une des mesures sur la table des négociations, c’est le renforcement des gardes des médecins libéraux en première partie de nuit. 

Aujourd’hui, les gardes sont assurées dans 90 % des territoires. Il y a 10 % de territoires qui sont en grande difficulté. Et là, qu’est-ce que vous voulez faire sur un secteur de garde où il reste un ou deux médecins ? Vous voulez mettre le médecin de garde tous les soirs ? Vous voulez l’obliger à dormir dans son cabinet, à vivre 24 heures sur 24 dans son cabinet ? 88 % des territoires sur le territoire français sont couverts par une garde qui fonctionne. Ce ne sont pas tous les médecins qui font la garde, ce sont les médecins volontaires. Mais aujourd’hui, ils assurent. Sur Lyon, nous avons des maisons médicales de garde qui tournent et en assurent le fonctionnement. Il n’y a aucun problème. Et simplement dans les régions plus désertifiées où il n’y a plus assez de médecins, il peut y avoir des problèmes de garde. Mais ce n’est pas en obligeant ces médecins-là à faire plus de garde qu’on va arriver à quelque chose. On va arriver à ce que les médecins s’en aillent. Et quand il n’y aura plus de médecins, il n’y aura plus personne pour faire la garde. 

D’accord, très bien. Je pense qu’on va essayer de rentrer dans une deuxième séquence de l’émission. Là, on a parlé de votre réaction aux annonces de l’assurance maladie. Vous, en tant que syndicat, que demandez-vous ? Que demandent les médecins ? Est-ce qu’on peut le synthétiser en quelques mesures principales, du moins mesures fortes qui pourraient intéresser pas seulement les médecins et puisque la médecine, la santé, ça concerne tous les Français et les Lyonnais, bien sûr.

Aujourd’hui, ce que demande MG France, c’est une revalorisation et une reconnaissance du métier de médecin traitant. Aujourd’hui, on nous dit qu’il manque des médecins traitants, mais il n’y a aucun acte spécifique du médecin traitant. Une consultation de médecin traitant, ce n’est pas cinq minutes pour une angine. Moi, quand je fais cinq minutes pour une angine d’un patient que je ne connais pas, que je ne suivrai pas, dont je n’assurerai pas le suivi, si je n’assurerai pas la continuité, oui, effectivement, si je suis payé 30 euros, je suis bien payé. Mais par contre, quand je dois faire des consultations complexes pluri pathologiques qui durent des fois 30-40 minutes, des consultations de psychiatrie ou des consultations de dépistage pédiatrique avancées, je suis désolé, nous avons réclamé une consultation longue à 60 euros qui est la reconnaissance professionnelle de notre métier. En l’absence de cette reconnaissance, le métier sera amené à disparaître. Je crois qu’aujourd’hui, il faut que le gouvernement comprenne ses responsabilités et que l’assurance-maladie comprenne sa responsabilité. Ils ont déjà causé la plupart des déserts médicaux en France entre le gouvernement qui a réduit le numerus clausus et l’assurance-maladie qui a maintenu dans un état économiquement servile les médecins généralistes. Bon, maintenant, si on continue d’aller plus loin, il n’y aura plus personne. 

Est-ce que vous pensez que peut-être la nomination de Frédéric Valletoux comme ministre délégué à la Santé qui a été nommée il y a quelques jours, à peine moins d’une semaine, est-ce que cela pourra changer quelque chose, cette nouvelle nomination ? 

Il va falloir que M. Valletoux regarde un peu ce que font les médecins libéraux parce que pour le moment, M. Valletoux s’est toujours exprimé en rejetant sur les médecins libéraux toutes les fautes du système et tous les dysfonctionnements du système. M. Valletoux, c’est quand même l’homme qui est anti-médecin libéral. Il est connu pour cela. Alors maintenant, est-ce que cette nomination va lui éclairer l’esprit et que d’un seul coup, il verra qu’il y a des hommes et des femmes qui cherchent à faire leur travail, qu’ils soient libéraux ou salariés et que le salariat n’est pas une vertu de sainteté. Nous, on connaît aussi, on s’est déchiré pour le SIDA, on s’est déchiré pour le Covid, on a travaillé énormément, mais il n’y a aucune reconnaissance du gouvernement et de l’État dans ce cadre-là. Donc aujourd’hui, on voudrait que, quand même, il y ait deux bras et deux jambes au système de santé. Pour le moment, M. Valletoux est très unijambiste. 

Ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Pascal Dureau, pour nous avoir donné votre avis et avoir réagi aux annonces du gouvernement dernièrement. Merci d’avoir été connecté avec nous. Quant à vous, chers téléspectateurs, je vous remercie d’avoir suivi cette émission. Vous pouvez retrouver plus de détails sur l’actualité de la santé sur la métropole de Lyon sur le site lyoncapitale.fr. À très bientôt.  



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Lucas Leclerc

Tel un mélodiste des pixels, je suis Lucas Leclerc, un Compositeur de Contenus Digitaux orchestrant des récits qui fusionnent la connaissance et l'imagination. Mon passage à l'Université Catholique de Lyon a accordé une symphonie à ma plume. Telle une partition éclectique, mes écrits se déploient des arcanes de la sécurité internationale aux méandres de la politique, des étoiles de la science aux prédictions des bulletins météo. Je navigue entre les lignes avec la même aisance qu'un athlète soucieux de sa santé. Chaque article est une note de transparence, une mélodie d'authenticité. Rejoignez-moi dans cette composition numérique où les mots s'entremêlent pour former une toile captivante de connaissances et de créativité, où la sécurité mondiale danse avec les étoiles, où les sphères politiques se fondent avec la météorologie, et où chaque paragraphe est une sonate pour la compréhension globale.

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