Événements mondiaux

Javier Martos a connu 17 chocs wallons avec Charleroi : “Il n’y avait … – DH Les Sports +


S’il y a un ancien joueur de Charleroi qui sait ce que représente un choc wallon, c’est bien Javier Martos. L’ancien Zèbre a affronté à 17 reprises le Standard entre 2011 et 2019. Avec toutefois un bilan plus que négatif : neuf défaites, sept nuls et seulement une petite victoire. “Je me rappelle que je n’ai pas souvent battu le Standard, rigole Martos quand il décroche son téléphone depuis Barcelone où il travaille au sein du club d’AE Prat. À l’époque, Charleroi n’avait pas le budget pour être une équipe aussi compétitive que le Standard qui était presque toujours dans le top 4. Mais même si nous n’étions pas favoris, il s’agissait toujours de matchs très spéciaux. Il n’y avait pas que trois points à gagner, c’était beaucoup plus que cela… Ce n’était pas assez d’être à 100 %, il fallait être à 150 % et aller toujours plus loin dans nos limites. On savait qu’un bon résultat face au Standard pouvait être un déclic dans une saison.”

Deux claques pour commencer

Martos rencontre pour la première fois les Liégeois lors de la saison 2012-2013. Charleroi fait alors son retour au plus haut niveau après avoir passé une saison dans l’antichambre de l’élite. La différence de niveau avec les Rouches est alors énorme et le Sporting prend deux claques (2-6 et 6-1). “Le Standard était vraiment au top avec des joueurs comme Ezekiel ou Batshuayi, se souvient Martos. À cette époque, il y avait eu des changements dans la direction du club et on ressentait une réelle instabilité dans le groupe. Le Standard visait le haut du tableau alors que nous voulions seulement obtenir notre maintien. C’était très frustrant de perdre aussi sèchement dans des matchs spéciaux comme ceux-là.”

En 2012, Martos affrontait Batshuayi dans le choc wallon. ©Belga

Martos doit attendre le septième choc wallon de sa carrière pour enfin empocher une victoire. Qualifié à la surprise générale en playoffs 1, le Sporting écarte l’équipe de José Riga grâce à un but de Clément Tainmont sur un assist de Dieumerci Ndongala (1-0). “Nous étions vraiment forts à tel point que nous pouvions concurrencer toutes les équipes du championnat, même si nous n’avions pas atteint notre niveau habituel en playoffs. Nous avions une très bonne équipe avec aucun joueur de niveau mondial mais un groupe d’amis unis autour de Felice Mazzù. Penneteau, N’Ganga, Marinos… Nous ne devions pas nous parler pour se comprendre, cela avait porté ses fruits cette saison-là.”

Pression plusieurs jours avant

À chaque fois, le choc wallon commençait bien avant le coup d’envoi. Parfois même dès le week-end précédent avec des chants entonnés par les supporters pour déjà motiver les joueurs en vue du match de la saison. “On sentait la pression monter tout au long de la semaine, explique Martos. Une fois que l’arbitre sifflait la fin du match précédent, tous les esprits étaient tournés vers le Standard. Durant la semaine, les supporters venaient à l’entraînement encourager les joueurs et surtout les nouveaux qui ne connaissaient pas l’esprit du match. Pendant les séances d’entraînement, tous les joueurs se donnaient à 100 % avec un objectif : être titulaire pour ce match. Même moi, en tant que capitaine et quasiment assuré de jouer, je me donnais encore plus pour tirer le groupe vers le haut.”

guillement

“En semaine, les joueurs se donnaient à 100% pour être titulaires.”

Dans le vestiaire zébré, les anciens jouaient un rôle important pour faire comprendre à tout le monde l’importance de ce duel. S’ils ne l’avaient pas encore compris… “Je disais que c’était pour ce genre de match que nous étions devenus footballeurs : ‘En étant petit, vous rêviez tous de jouer un match à enjeu dans un stade plein ! Prenez conscience que ce match est le plus important. Nous sommes des guerriers et si nous nous donnons à 100 % comme des combattants, la victoire est possible.’ Peu importe le résultat : si un joueur donnait tout ce qu’il avait, il pouvait dormir tranquille.”

Javier Martos a joué durant huit ans et demi au Sporting. ©BELGA

L’entraîneur, Felice Mazzù, jouait aussi un rôle primordial. Connu pour être très proche de ses joueurs, le coach carolo n’hésitait pas à jouer avec les émotions de son groupe. “Felice préparait toujours quelque chose de spécial pour ces causeries. Il nous montrait souvent des vidéos motivantes ou des images positives. Il voulait donner le plus de confiance possible à ses joueurs. Il mettait une ambiance positive en évitant de rajouter de la pression négative. En sortant de là, nous étions prêts à aller à la guerre en montant sur le terrain mais avec le sourire.”

Ligne rouge

De tous les chocs wallons joués, un match a laissé un goût amer à Martos. En octobre 2015, Charleroi mène 2-1 à dix minutes du terme quand les supporters liégeois lancent pétards et fumigènes avec comme résultat une interruption temporaire du match. Au retour des vestiaires, le Standard inscrit deux buts et empoche la victoire. “Ce sont des choses qui ne doivent jamais arriver sur un terrain de football. Il y avait plus de frustration qu’un sentiment de danger. Je comprends qu’il y ait de l’adrénaline chez les supporters mais il y a toujours une ligne rouge à ne pas dépasser. Il y a une obligation sociale à respecter, le sport doit passer avant tout. Un enfant venu voir le club de sa ville pourrait être traumatisé par ce genre d’événements négatifs.”

guillement

“Il y a toujours une ligne rouge à ne pas dépasser.”

Dimanche, l’ambiance pourrait être différente que d’habitude : à la suite d’un arrêté royal, les animations pyrotechniques prévues en tribune sont interdites. Une mauvaise nouvelle vu l’affiche qui devait être l’occasion de fêter les 22 ans des Storm Ultras, le groupe de supporters le plus influent à Charleroi. “J’espère quand même une victoire du Sporting, conclut Martos. Je dirais 4-0 pour Charleroi. (sourire) Mais je pense que le match sera plus équilibré que cela. Malheureusement, il arrive vite dans le championnat avec des équipes encore en rodage. Si j’avais un conseil à donner aux nouveaux joueurs : sortez de ce match sans plus aucune énergie en vous. Et si la victoire est au bout, profitez-en à fond après le match avant de se reconcentrer dès lundi pour une semaine un petit peu plus normale…”



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Charlotte Lambert

Voyageuse d'idées et jongleuse de mots, je suis Charlotte Lambert, une Spécialiste de l'Art de Rédiger tissant des histoires qui transcendent les frontières. Mon parcours à l'Institut Catholique de Toulouse a été le ferment de ma passion pour l'écriture. Tel un guide littéraire, j'explore les méandres des organisations internationales, les échos des événements mondiaux, les trésors du système éducatif, les énigmes des problèmes sociaux, et les horizons infinis du voyage. Mon stylo danse entre les lignes, infusant chaque article d'une authenticité inébranlable. Joignez-vous à moi dans ce périple où les mots sont les balises qui éclairent le chemin de la compréhension mondiale, où l'événementiel devient un kaléidoscope de perspectives, où l'éducation se dessine avec la richesse de l'avenir, où les enjeux sociaux prennent une nouvelle dimension et où chaque page est un pas vers l'ailleurs.

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